Affichage des articles dont le libellé est (05) - Music/film/art. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est (05) - Music/film/art. Afficher tous les articles

vendredi 8 juillet 2011

Ces ''idoles'' qui envahissent le Japon


Il y a de ces visages que l’on ne connaissait pas avant d’arriver au Japon que l’on reconnait ensuite facilement. C’est le cas du groupe de J-Pop Arashi, que je me permettrai même d’appeler Boys Band, dont les cinq membres sont placardés dans tous les métros, toutes les gares ou tous les panneaux publiciaires… avec des campagnes pour Androïd ou la DS3 (la console, pas la voiture ^^). Et si, par on ne sait quelle stratégie, vous avez réussi à les éviter en ville, vous pourriez encore vous retrouver nez à nez avec eux à la télévision, dans l’un de leur multiple show télévisé, en train de chanter ou encore en train de jouer dans un film ou dans un dorama (sorte de série télévisée japonaise). Ou les écouter à la radio. Ou encore tomber sur l’un de leurs produits dérivés dans l’une des boutiques d’idoles de Harajuku.

Arashi

Car c’est ce qu’ils sont. Des idoles.Ou アイドル, aidoru, en version anglaise japonisée.

Le phénomène est surprenant et plutôt asiatique. A l’image des idoles japonaises, ces jeunes gens riches, talentueux, beaux et hyperactifs, il existe des idoles coréennes ou taïwanaises portées aux nues par les adolescents et adolescentes de leur propre pays ou non : nombreuses sont les jeunes japonaises qui admirent les chanteurs de K-Pop, le pendant coréen de la J-Pop.

Au Japon, l’agence des Johnny’s Entertainment dont sont issus les cinq membres d’Arashi est une usine à idoles : en sont issus notamment le groupe des KAT-TUNS (avec l’ex-membre Jin Akanishi et Kamenashi Kazuka) ou l’acteur Ikuta Toma. Recrutés très jeunes sur dossiers, les jeunes garçons sont formés à la danse, au chant et au jeu, et les plus talentueux srejoignent des groupes… et ce, à plusieurs reprises, jusqu’à ce que ça fonctionne. Satoshi Ohno, leader de Arashi, a ainsi appartenu à Musical Academy avant de devenir membre de Arashi à la création du groupe.

Et si on pourrait imaginer que les adolescentes sont les plus sensibles aux idoles, il faut se méfier de ce genre de raccourci… avec le parfait exemple des AKB 48, un groupe composé de pas moins de 48 filles (d’où son nom…) rassemblées en 3 équipes de 16 membres (Teams A, B et K). Âgées de d’environ 15 à 25 ans, leurs chansons acidulées (du type Lorie, Priscilla ou Alizée…) sont dirigées aux… étudiants japonais ! Ces derniers sont leurs premiers fans et ce, sûrement du fait de leurs costumes, plutôt courts et affriolants, et de leurs textes chantés de façon à ce que les garçons puissent s’y identifier*.

AKB 48

Plus encore que leur surexposition médiatique qui plus longue et plus intense que ce que l’on peut connaître en France (les Arashis sont ainsi sur le devant de la scène depuis plus de 10 ans !), l’une des spécificités de ce phénomène est la multiplicité des produits dérivés ou « goodies » à l’effigie des idoles… et notamment des boutiques à idoles. Vous pourrez notamment en visiter à Harajuku (Tokyo), sur la Takeshita Dori, mais il y en a à bien d’autres endroits… Un étage entier d’un immeuble est ainsi consacré aux AKB 48 à Akihabara (Tokyo)**. Il est possible d’y acheter des photos de vos chanteurs préférés, en groupe ou seul, dans toutes les tailles possibles et inimaginables. Pour cela, il suffit de relever le numéro de la photo souhaitée et de l’indiquer à la caisse. Mais on peut aussi trouver des tee-shirt, des pin’s, des broches… ou laisser la chance trancher, grâce à des distributeurs qui vendent des gadgets consacrés à vos stars préférées. Les Japonais s’y pressent et affichent sans gêne leurs choix sur leurs sacs à dos, leur trousse ou leur téléphone portable. 

Une boutique à Harajuku
 Si l’étape de l’achat sera peut-être un peu plus difficile pour les occidentaux que vous êtes, la surprise sera définitivement au rendez-vous au moment de rentrer dans une boutique de ce type. N’hésitez donc pas à y rentrer… et regardez attentivement autour de vous dès l’aéroport : ils sont partout !!

Marièke Poulat

*****

* Pour ceux ayant des connaissances en Japonais, le terme pour dire « Je » utilisé dans leurs chansons est « Boku » : le pronom « Je » utilisé par les garçons pour parler de façon virile mais correcte. (Il existe ainsi plusieurs manières de dire « Je » en japonais et la façon de les employé dépend de la personne qui parle et à qui elle parle : une fille pourra utiliser « Watashi » ou « Hatashi », un garçon « Watashi », « Boku » ou « Ore »)
** Cf. l’article consacré aux AKB 48

vendredi 11 février 2011

Musée Ghibli (de la forêt de Mitaka)

Pour peu que vous vous intéressiez un peu au Japon et à sa culture, ce qui devrait être le cas vu que vous avez atterri sur ce site, des noms tels que Mon voisin Totoro (1988), La Princesse Mononoké (1997), Le Tombeau des Lucioles (1988), ou plus récemment, Ponyo sur la falaise (2008) et Arrietty, le petit monde des chapardeurs (Janvier 2011 en France), devraient vous évoquer un petit quelque chose... voir même un gros. Produits par le Studio Ghibli*, et réalisés par les célèbres réalisateurs japonais H. Miyazaki ou I. Takahata (chacun s'étant concentré sur des projets différents...), ces longs métrages d'animation japonaise font rêver de nombreux japonais depuis 1985, date de création du Studio, et, depuis plus récemment, le monde entier... avec une expansion progressive depuis 1996, quand The Walt Disney Company a obtenu l'ensemble des droits de production internationale. Pour parachever cette évolution, le musée Ghibli, qui présente les différents films produits par le Studio et dévoile chaque année un nouveau court-métrage du Studio, a été ouvert en 2001.


Situé dans la banlieue de Tokyo sud-ouest, à Mitaka, d'où son nom entier, le Musée Ghibli de la forêt de Mitaka, 三鷹の森ジブリ美術館 (Mitaka no mori Ghibli Bijuutsukan), il n'est pas facile d'accès. Non seulement, il n'est pas possible d'acheter des tickets sur place, mais il n'est pas non plus possible de s'y garer ou encore d'y rester pendant plus de deux heures... ces mesures étant faites pour en limiter l'attente à son entrée: car il est vrai qu'une fois le ticket obtenu, le monde magique du Studio Ghibli s'offre à nous sans résistance... ou presque.



Pour obtenir les tickets, dans un premier temps, il est nécessaire de les acheter à l'avance à une borne disponible dans les combinis (ou ''convinient store'') de la chaîne Lawson. À ces bornes, il est possible d'acheter les tickets d'entrée pour différents événements (concerts...), parcs d'attractions (Disneyland...), mais aussi des places d'avion, de train... mais il est donc aussi nécessaire de s'y rendre pour acheter des billets pour pénétrer dans le musée car aucun billet n'est vendu sur place. Si les kanjis restent un mystère pour vous, vous pouvez demandez de l'aide au caissier qui devrait vous venir en aide avec plaisir pour peu qu'il comprenne votre requête. Sachez qu'il vous en coûtera pour 1000¥ pour les plus de 19 ans, 700¥ pour les 13-18 ans, 400¥ pour les 7 à 12 ans et seulement 100¥ pour les 4-6 ans; et que vous devrez réserver d'une part, à l'avance (parfois plus d'une semaine à l'avance, notamment si vous choisissez un jour tel que le samedi) et, d'autre part, pour un créneau horaire de deux heures seulement: de 10 à 12h, de 12 à 14h, de 14h à 16h ou de 16 à 18h... vous n'aurez en effet que deux heures pour visiter le musée... ce qui devrait suffire à condition de ne pas traîner trop longtemps dans la boutique.



Pour s'y rendre, la tâche s'avère aussi assez compliquée puisqu'il se trouve un peu en dehors de Tokyo. Le moyen le plus simple est de prendre la ligne Chuo à partir de Shibuya et de s'arrêter soit à l'arrêt Kichijōji, soit à celui Mitaka. A partir de ce dernier, des navettes pour le musée sont disponibles toutes les 10 min pour 200¥ l'aller simple et 300¥ l'aller retour. Si vous décidez de faire marcher vos jambes, ce qui peut s'avérer intéressant car la ville est jolie et le musée entouré d'un parc, les deux arrêts sont situé à environ un kilomètre chacun du musée.



Un drôle de bâtiment, un Totoro qui vous fait un signe de la main... Voilà, vous y êtes. Enfin. Un homme se contentera de vérifier vos tickets et vous pourrez entrer dans l'enceinte où l'on vous remettra un ticket spécial qui vous permettra d'accéder au mini-cinéma du musée pour y profiter de la projection d'un court-métrage spécifiquement réalisé pour le musée... le dernier, présenté à partir de la fin novembre 2010, étant パン種とタマゴ姫, Pâte à pain et la Princesse Oeuf. En plus de ce petit chef-d'œuvre que vous devriez pouvoir comprendre sans mal puisqu'il est muet, vous aurez accès aux expositions permanentes et temporaires. C'est beau. Mais il faudra appréciez avec vos yeux seulement: une fois la porte du musée passée, plus le droit de prendre des photos. Vous pourrez vous rattraper sur le toit pour prendre quelques clichés... ou dans la boutique où vous pourrez acheter, sous condition de dépenser une bonne petite somme tout de même, des cartes postales, des souvenirs en tous genres, les différents CDs et DVDs, ou encore dénicher un grand nombre des classiques de la littérature pour enfants (en japonais ou en anglais).

Alors certes, il est assez difficile d'obtenir le droit d'entrer dans ce sanctuaire de l'animation japonaise (qui rappelons le ici, n'est pas uniquement pour les enfants... Ne donnez pas à voir La Princesse Mononoké ou Le Tombeau des Lucioles à un jeune enfant. Il en serait choqué !), mais ça vaut vraiment le coup tant l'univers y est magique et l'imagination, omniprésente.

Marièke POULAT


* À prononcer « Jibli » en japonais et non « Guibli » comme on aurait tendance à le faire, du fait des origines italiennes de ce nom.

jeudi 10 février 2011

Concert AKB48 à Akihabara

À Tokyo, au 8ème étage d'un des buildings principaux de Akihabara, signalé par la photo de plusieurs jeunes filles, un étrange manège a lieu 5 fois par semaines: 200 fans chanceux, pour la plupart des garçons entre 18 et 20 ans, se présentent devant les portes de la salle où leur groupe de J-Pop favori, les AKB48, joue. Akihabara, 8ème étage, AKB48, J-Pop, Tokyo, 200 fans... ?!? Hein ? Vous êtes perdus ? Tous ces chiffres sont fous ? Ce manège semble dingue ? Ces noms vous impressionnent ? Lisez cet article, vous allez comprendre.


Commençons par le début, si vous le voulez bien. Si vous êtes intéressé par la musique japonaise, et notamment par la J-Pop, l'équivalent japonais de la variété française, vous connaissez certainement AKB48. Sinon, tapez le nom de ce groupe dans la barre de recherche de Youtube et vous aurez un aperçu... Il s'agit d'un girls band de 48 filles entre 15 et 22 ans, séparé en trois équipes de 16 membres chacunes, la Team A, la Team K et la Team B. Ah, tiens, déjà, le nom du groupe commence à prendre du sens. Histoire que la présentation soit complète, sachez que ces Teams sont encore divisés en sous-groupe de 3 à 4 membres qui sortent des chansons à part... ce qui permet aux fans d'une chanteuse en particulier de la voir un peu plus (et aux managers de vendre un peu plus de CD, mais c'est un autre histoire...).



Ce groupe est particulièrement populaire au Japon, notamment chez les jeunes filles de 12, 15 ans, et chez les garçons autour de 19 ans qui représentent 70% de l'auditoire. Si les premières voient ces filles comment des modèles à égaler, on comprend assez facilement ce qui intéresse les seconds après avoir écouté quelques chansons et regardé quelques clips vidéos... Sans compter que les chansons sont écrites du point de vue des garçons afin de leur permettre de chanter seul sans se sentir mal à l'aise.



Ce groupe comprend d'autres particularités qui peuvent étonner. D'une part, les filles changent. Il s'agit en effet d'une sorte d'école de la scène que les filles intègrent assez jeunes et où elles apprennent à danser et à chanter. Si une des filles n'est pas disponibles pour l'un des shows, une autre fille peut ainsi la remplacer. De plus, à partir d'un certains âge, les filles arrêtent. Ainsi, de la première génération du groupe, créé en 2005, très peu sont encore présentes. D'autre part, les concerts sont à la base du système, sont une institution, un manège, à part entière.



Ainsi, 5 concerts par semaine sont programmés dans une salle de 200 personnes au 8ème étage d'un immeuble de Akihabara. 200 places pour l'un des groupes les plus écoutés dans une ville de plus de 30 millions d'habitants, voilà qui semble peu. C'est évident. Mais difficile de réserver une salle plus grande 5 fois par semaine dans une ville où les places sont chères. Alors AKB48, et surtout ses managers, ont trouvé la solution pour éviter les esclandres à l'entrée. Afin de pouvoir bénéficier du droit d'acheter une place, il est nécessaire de candidater sur le site officiel. Il y a plus de 20 000 candidats par jour... pour 200 places et 200 places sur la liste d'attente distribuées pour chaque représentation. Après avoir été sélectionnés, les chanceux qui bénéficient de ce passe doivent encore payer 9.000 yens, ou 90€, pour avoir le droit de pénétrer dans la fameuse salle de concert.



Pour les autres, ceux qui bénéficiaient des places de la liste d'attente, mais aussi pour tous ceux qui ont envie de profiter du concert gratuitement, un écran est disponible dans le hall attenant à la salle de concert... Oui. Ça marche comme ça le Japon: vos idoles chantent à quelques dizaines de mètres de vous, une porte, une seule, vous sépare d'elles, mais vous vous contentez de regarder l'écran qui rediffuse un concert que vous connaissez par coeur sans broncher. Dans la salle, une majorité de japonais et surtout des jeunes hommes, entre 18 et 20 ans. Quelques jeunes filles et quelques hommes plus âgés, encore en costumes, sortant tout juste du travail, complètent le tableau. Pour la plupart, ils ne restent pas durant tout concert. Ils attendent souvent la première pause, durant laquelle chacune des filles présentent sur scène salue le public à sa façon (lors des concerts quotidiens, elles sont seulement 16, puisqu'une seule Team à la fois joue). Après les avoir entendu parler, ils s'en vont. Certains ne viennent que pour vérifier que leur préférée allait bien.



À ces concerts presque quotidiens viennent s'ajouter des concerts nationaux, telles que des tournées, qui ont lieu dans des salles beaucoup plus imposantes. Alors que les musiques jouées lors des concerts à Akihabara sont toujours les mêmes, issues du CD qui sort une fois par an, les concerts spéciaux sont organisés différemment: les 48 chanteuses sont présentent et les chansons varient plus. Les autres chansons qui sont présentées à ces concerts ou lors des représentations TV que les AKB48 donnent, puisqu'elles ont émission radio et émission TV, sont disponibles en single.




Un vrai business, non ? Sûrement. Mais face au succès rencontré, il me paraissait important d'y jeter un coup d'oeil. C'est chose faite. Je m'étais fait une idée du groupe assez arrêtée en entendant que son public était majoritairement constitué d'hommes, elle reste confirmée. Cependant, j'ai apprécié la musique proposée et le fait que le show soit fait en live, sans playback, ce qui a été confirmé par les hésitations d'une des remplaçantes... À voir. Ne serait-ce que pour le côté culturel de ce groupe qui devrait continuer à faire parler de lui pendant encore un bon moment au Japon.

Marièke POULAT