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dimanche 24 juillet 2011

Asakusa - Le Japon côté traditionnel

Difficile d'évoquer la visite de Tokyo sans parler du quartier d'Asakusa, un quartier du Nord-Est de la ville fréquenté par des tombereaux de touristes... en cela qu'il comporte à la fois des monuments traditionnels tels que le temple Sensô-ji et où se concentrent les boutiques à touristes de Tokyo.


La visite d'Asakusa en bref

Arrivés à Asakusa (cf. données pratiques), le choix privilégié par de nombreux touristes consiste à franchir la porte immense qui se dresse devant vous: le Kaminari-mon, la porte du Tonnerre qui renferme dans ses montants deux Dieux (du vent, à gauche, et de la foudre, à droite). Le plus impressionnant restant la lanterne énorme sous laquelle vous passerez et... les tongs qui se trouvent sur le montant gauche (une fois que vous l'avez franchi ou quand vous arrivez de la rue Namikase). Géantes, ces chaussures auraient été abandonnées par le Bouddha.

Le Kaminari-mon côté Namikase-dôri


Une fois le Kaminari-mon franchi, vous arrivez dans la rue Namikase, particulièrement animée... et pleine de touristes. Pas étonnant lorsque l'on donne un coup d'oeil aux boutiques: elles vendent toutes des souvenirs ou O-miyage, en Japonais: c'est une tradition au Japon où un voyage doit toujours être source de cadeaux pour les personnes à qui vous avez annoncé votre départ (collègues, amis, famille) sous peine d'être très mal vu. La rue Namikase vous permettra de préparer votre retour en France, avec estampes, chats porte-bonheur, baguettes, petites pâtisseries japonaises, porte-clé, drapeaux, éventails...

La Namikase dôri


Au bout de cette enfilade de boutiques qui doit bien faire 500 mètres, une nouvelle porte, nommée Hôzô-mon, qui annonce l'entrée dans le temple Sensô-ji ou Asakusa Kannon (nom de la divinité pour lequel il a été érigé). C'est le plus ancien et le plus connu des temples tokyoïtes: il aurait été fondé en 628 par trois pêcheurs avant d'être construit comme on le connait en 1692. Bien qu'il ait été détruit lors de la Seconde Guerre Mondiale, il a été ensuite reconstruit à l'identique. Il est entouré de nombreux édifices, et notamment d'une pagode à 5 étages sur votre gauche. Au sein de ce même ensemble, l'Asakusa-Jinja, sanctuaire sur votre droite qui rend hommage aux trois pêcheurs qui aurait fondé le Sensô-ji, vaut aussi le détour. C'est de ce lieu que part chaque année, le 3ème weekend de mai, la procession du Sanja-matsuri, le plus grand festival shintoïste du monde, qui rend hommage à ces trois pêcheurs. Notez aussi que lors de la fête des fleurs, le 8 avril, des processions d'enfants défilent au Sensô-ji.

Hôzô-mon


Sensô-ji


La visite de Asakusa est alors bien avancée. Vous pouvez ensuite décider de rejoindre Yoshiwara (à 1,5 kilomètre au nord), ancien quartier des maisons closes de Edo (ancien nom de Tokyo), ou préférer vous perdre dans les petites ruelles du quartier. Si vous deviez retourner vers la gare et le pont Azuma (ou Azumabashi), n'oubliez pas de lever la tête pour admirer la flamme dorée qui surmonte l'immeuble de la marque de bière Asahi, une oeuvre réalisée par un designer français (Philippe Starck).

Bonne visite !


Marièke Poulat


Anecdote: O-mikuji

Si l'abondance de touristes est parfois gênante, elle a des avantages. Ainsi, le temple Sensô-ji propose des O-mikuji (ou diseurs d'avenir) à la fois en Japonais et en anglais qui vous permettront de vous essayer à cette tradition japonaise pour 100 yens (la plupart du temps, seule une version japonaise existe). Il s'agit d'un petit papier que vous pouvez soit piocher soit désigner à l'aide de différents stratagèmes qui sont expliqués (notamment en secouant une boîte en bois d'où sort un bâtonnet numéroté qui vous indique quel tiroir ouvrir...). Le papier obtenu vous annoncera votre fortune à venir... et si celle-ci est mauvaise, vous n'aurez qu'à laisser le papier derrière vous, noué sur l'un des fils: ainsi les Dieux vous oublieront et la mauvaise fortune ne se réalisera pas.


Un O-mikuji


Données Pratiques

Accès: Pour accéder à Asakusa, deux solutions:
- L'arrêt de métro Asakusa qui se trouve sur la ligne Toei Asakusa se trouve à seulement quelques mètres du Kaminari-mon pour peu que vous choisissiez la sortie éponyme.
- Pour ceux qui ont opté pour le JR Pass et qui préfèrent utiliser la ligne JR et donc la ligne Yamanote, vous pouvez vous arrêter à Ueno, qui est la gare la plus proche. Prenez alors la sortie Higashi Ueno 3 et la rue Asakusa-Dôri. Remontez-là sur environ un kilomètre et prenez sur la gauche sur la rue Namikase : après deux cent mètres, vous ne pourrez pas rater le Kaminari-mon qui se dressera devant vous.


Petit coup d'oeil à Google Map


Agrandir le plan


Hébergement: Situé dans l'un des quartiers de Tokyo les plus proches de l'aéroport Narita, il y a de nombreuses facilités pour habiter sur place pour des prix très raisonnables (autour de 2000 yens la nuit) pour ceux qui voudraient rester pour visiter Tokyo pendant une semaine dans des conditions très simples mais sympas (en dortoir ou en chambre, sans petit-déj...): les auberges Khaosan.

mardi 19 juillet 2011

Matsuri du Nouvel An et gourmandises

Si l’été est la saison des festivals(ou matsuri, en japonais) et des yukatas, ces kimonos légers et colorés, l’hiver et le Nouvel An ne sont pas en reste. Bien au contraire, puisque la plupart des japonais se rendent dans les sanctuaires shintoïste durant les trois premiers jours de la nouvelle année pour fêter l’Hatsumôde… des sanctuaires où s’entassent de nombreux stands qui vendent charmes et snacks. Avis aux gourmands : il y en a pour tous les goûts !

Le salé

Les Okonomiyakis – Tout-ce-que-vous-aimez-grillé (environ 500 yens l’un): Ces omelettes de chou chinois aussi appelées pizza japonais ou pancakes japonais sont particulièrement appréciées de japonais. La plupart du temps, elles contiennent du porc, du bœuf, des crevettes ou du poulpe et sont parfumées au gingembre. Elles sont confectionnées devant vous sur des plaques chauffantes et vous sont servies dans des barquettes en plastiques fermées par des élastiques avec des baguettes en bois.

Les Takoyakis – Poulpe grillé (environ 300 yens les 6) : Ceux sont des boules de pâte fourrés de poulpe, de gingembre et d’oignons qui sont ensuite dorés devant vous dans des moules formés d’une demi-boule… Tendre à l’intérieur et croustillants à l’extérieur, les takoyakis valent le coup d’œil ! Ils vous sont servis par 6 dans des barquettes avec des baguettes, assaisonnés du condiment que vous désirez. C’est LA nourriture de fête par excellence.

Les yakisoba – Sobas (nouilles) grillées (environ 300 yens la barquette) : Des nouilles japonais (en forme de spaghettis), du choux, des crevettes, des oignons, du gingembre, un peu d’huile pour faire revenir le tout et une bonne dose de sauce Yakisoba plus ou moins sucrée et épicées… et c’est prêt ! Devant vos yeux, le cuisinier les remue, vous sert et arrose votre portion copieuse de sauce. Attention, ça peut être assez épicé et c’est surtout pas très facile à manger surtout en marchant… Pause obligatoire !

Le poulet grillé (environ 300 yens la cuisse) : Un met adoré par les japonais, le poulet rôti. A cela prêt qu’ils se limitent à la cuisse et à son haut de cuisse, dont l’os est intelligemment enroulé de papier d’aluminium pour servir de poignée… Malin. A l’image des autres plats chauds, le morceau de poulet est souvent servi dans une barquette en pastique mais sans baguettes. Pas la peine, vous avez les pinces Monseigneur ^^

Le maïs grillé à la sauce soja (100 yens) : Un épi de maïs grillé, comme cela se fait aux USA ou dans de nombreux pays et comme cela commence à se faire en France… à la différence qu’au lieu de le faire à l’huile ou au grille, les épis sont grillé à la sauce soja.

Le sucré

Les dangos (100 yens l’un) : Enfilées sur un cure-dent géant, trois ou quatre boules de mochi (cette pâte de farine de riz gluante) recouvert de sauce soja ou d’anko, la pâte sucrée de haricots rouge. Servis par deux ou par trois dans des barquettes en plastiques dans les supermarchés, ils sont vendus à l’unité dans les festivals… et, miracle, ils sont chauds ! Du pain béni en hiver (même si certains occidentaux ont beaucoup de mal avec la texture du mochi…) !

Les bananes enrobées de chocolat (100 yens la brochette) : Le nom parle de lui-même. Là encore enfilée sur un cure dent géant, les morceaux d’une bananes sont enrobés de chocolat, parfois coloré (en bleu ou en rose) et décoré de vermicelles multicolores. Il existe une variante faite avec des fraises… mais la version la plus courante est celle à la banane, qui est fruit vendu le moins cher au Japon.

Les crêpes (300 yens l’une) : Contrairement aux crêpes françaises, les crêpes japonais sont toujours servies plus croustillante et vous sont tendues à la verticale, comme si elles étaient des cornets. Dans les festivals, elles sont moins garnies que celles, gargantuesques, de Harajuku. La plupart du temps, elles se limitent ainsi à un parfum et à de la crème chantilly. Mais elles valent tout de même le détour… surtout qu’elles sont toutes chaudes !

Les marrons chauds (en fonction de la taille du cornet) : Et oui. Je ne connais pas la traduction japonaise de « Ils sont chauds mes marrons, chauds ! », mais c’est avec plaisir que vous retrouverez notre fameuse spécialité de l’autre côté du monde !

La boisson

En plus de la sacro-sainte bière que vous retrouverez n’importe où vous mettrez les pieds au Japon (la faute aux distributeurs Asahi qui vous permettent d’en acheter à n’importe quelle heure du jour et de la nuit… et à n’importe quel âge), il est possible de déguster l’Amazaké… avec un nom composé de « amai » (doux) et de « saké » (vous avez vraiment besoin d’une traduction ?), il est facile de deviner que cette boisson est un alcool très doux. Au point même de se demander si cette boisson épaisse blanche faite de riz écrasée contient de l’alcool. Consommée chaude, c’est un pendant très sucré de notre vin chaud... A tester, même si vous n’aimez pas l’alcool : il y a fort à parier que vous n’en sentirez pas le goût et que vous serez content de vous réchauffer un peu de l’intérieur.

Le Nouvel An au Japon dans un temple… une expérience traditionnelle à vivre ! Mais, attention, sachez que cette période est particulièrement calme : les japonais arrêtent de vivre du 31 décembre au 4 janvier pour se retrouver en famille (retrait de liquide y compris…) !


Marièke Poulat


PS : Les prix sont indiqués à titre indicatif… mais ils évoluent grandement d’un festival à l’autre, en fonction de la renommée du festival et des prix des concurrents. La plupart du temps, tous les prix sont alignés les uns sur les autres.

samedi 16 juillet 2011

Nara, une ancienne capitale magique dans le Kansai

Nara, très ancienne capitale du Japon (de 710 à 789) est une des villes que vous devrez visiter au moment de vous rendre dans le Kansai car elle regorge d'histoire, entre ses temples, son site impérial, et de magie... les cerfs peuplant son parc participant à l'ambiance zen qui y règne. Cependant, la ville n'est pas aisée à visiter en un jour, car elle comporte plusieurs sites à voir à l'ouest et à l'est, avec des transports en commun peu pratiques.

Carte de Nara


Aussi, si vous ne disposez que d'une journée à Nara et que vous avez un choix à faire, je vous propose de vous concentrer sur le parc, à l'est, où s'entassent temples impressionnants et cerfs... et d'occulter l'ouest de la ville. C'est le choix que j'ai fait car j'avais déjà visité Kyoto et Tokyo et que les temples et les palais impériaux, c'était du déjà-vu...

Je n'ai passé qu'une journée à Nara, sans y rester pour dormir: c'est possible car la ville est très proche par train de Kyoto et de Osaka. De Kyoto, la ligne JR Miyakoji, dont un train part toutes les 30 minutes, met 45 minutes à rejoindre la gare JR Nara de la gare principale de Kyoto pour 690 yens. Evitez la ligne Kintetsu qui coûte plus cher et ne fonctionne pas avec le JR pass. Au départ de Osaka, c'est la ligne Yamatoji qui dessert la gare principale de Nara: elle passe à la gare Osaka (45 minutes et 780 yens) et Tennoji à Osaka (30 minutes 480 yens).

Une fois arrivé à Nara, direction l'ouest, vers le Parc... Il est à peine en vue que l'on aperçoit les premiers habitants de Nara. Les cerfs, ils sont plus de 1000 ! Et en liberté. Sur votre droite, à ne pas manquer, le Kofukuji avec ses pagodes de 3 et 5 étages. Il était cependant en travaux au moment d'y passer. En continuant vers le sud, vous devriez tomber sur le plan d'eau Isaware Ike, un plan d'eau où se reflète la pagode à 5 étages. Vous pouvez ensuite continuer vers le sud pour tomber sur le Gangô-ji, un autre temple qui vaut le coup aussi mais dont l'entrée est payante (400 yens)... Notez que les meilleures rencontres sont parfois les plus inattendues: le petit temple de l'amour est particulièrement joli entre Isaware Ike et le Gangô-ji.

Direction le parc, au nord, et le todai-ji. C'est le temple qui se trouve au dos des pièces de 10 yens. Il est particulièrement imposant et à l'intérieur se ''cache'' le plus grand bouddha en bois en intérieur du Japon qui culmine à plus de 15 mètres de haut. Si l'entrée est payante, elle le mérite. Sans compter que vous pouvez accéder au paradis à l'intérieur pour peu que vous parveniez à vous faufiler dans le mince trou qui se trouve dans l'un des piliers du temple: il fait la taille de la narine du bouddha... et les enfants n'auront pas de mal à s'y glisser, les adultes auront plus de mal.

Dans le parc, je vous conseille sans hésiter le sanctuaire shintoïste Kasuga lui aussi situé dans le parc qui compte plus de 3000 lanternes, faites de bronze, de bois ou de pierre, sur lesquelles de nombreux noms sont inscrits. Moins visité et moins connu que le Todai-ji, l'atmosphère qui y règne est magique, surtout en fin de semaine.

Avant de retourner en centre-ville pour reprendre votre train, contournez la Wakakusayama, une colline à l'herbe sèche qui surplombe le parc. Chaque année, le 28 janvier, elle est le théatre du festival de Nara Wakakusayama Yamayaki... Yamayaki qui signifie montagne grillée... Le feu est mis à la montagne au cours de cérémonies en tout genre qui agitent tous les temples de la ville.

Ville très calme et à taille humaine, elle est particulièrement agréable à visiter. Je l'ai vraiment apprécié. Les cerfs n'enlèvent rien, même si c'est parfois impressionnant de se retrouver encerclée par plusieurs d'entre eux. Crise de fou rire garantie avec les hurlements des jeunes japonaises qui s'amusent à les nourrir avant d'être impressionnées par l'attroupement qui se forment autour d'elles... Une ville où vous devez nécessairement vous arrêter si vous passez par le Kansai.

Marièke Poulat

Une anecdote pour les amateurs de Naruto

Un des personnages de naruto au QI impressionnant mais à la fainéantise sans égale s'appelle Shikamaru Nara. Il s'agit d'un jeu de mot de l'auteur en japonais. En effet, Nara, son nom de famille, se rapporte à la ville japonaise du même nom, alors que ''Shika'' signifie ''cerf'' en Japonais. ''Maru'' est finalement un suffixe souvent ajouté aux prénoms des garçons et à le sens du développement.

mardi 12 juillet 2011

Des sushis pour pas cher

Parce qu’il était difficile de parler du Japon sans aborder le thème des sushis, je vais ici présenter deux façons de les déguster à assez bas prix, puisque vous pouvez vous en tirer pour moins de 1000 yens (10€). Il y en a des plus chers, bien entendu, et des services à domicile, mais l’étudiante que je suis n’a pas tenté.

Cependant, en avant propos, j'aimerais juste rappeler que même quelqu'un n'aimant pas le poisson cru peut trouver son bonheur dans une sushiya. Il existe en effet des sushis à base de légumes (concombre, natto...), de thon cuit, de crevette cuites, d'anguilles grillées, d'omelette sucrée... Bref, une gamme assez large pour que tout gourmand puisse apprécier.

Ceci dit, je me suis repliée sur un bar à sushis où nous étions servi sur des plateaux roulants à Takadanobaba et sur un comptoir à sushis où ils étaient confectionnés sous nos yeux à Ueno. Ces deux types de restaurants sont des restaurants rapides. Vous allez manger des sushis à midi comme vous iriez au McDo. D’ailleurs, si les prix sont un peu plus élevés, il n’y a pas une aussi grande différence qu’en France : c’est environ 650 yens pour un McDo et 800 pour des sushis… le second étant plus consistant que le premier.

Tapis roulant…

Le bar à sushis où ces derniers défilent sur un tapis roulant est connu même en France pour être une curiosité. C’est apparemment assez courant au Japon et conçu pour aller vite. Très vite. A votre entrée, une serveuse vous compte et vous installe côte à côte, face à un tapis roulant où sont exposés les sushis et face à un écran… entièrement en japonais, mais avec des images. Il vous permet de passer des commandes particulières : si certains tournent en permanence sur le tapis, il est possible de passer des commandes spéciales qui arrivent devant votre nez en quelques instants. Très drôle. Après un petit topo sur l’utilisation de l’engin en japonais, vous déciderez vite de tapoter tous les boutons pour voir ce qui se passera. Rien de grave. Au pire vous commanderez des sushis très chers…

Car il faut savoir que dans ce genre de boutiques, vous payez au sushi. Ou plutôt, à la paire de sushis. Ils sont toujours servis par deux et leur prix dépend de ce qu’il y a dessus ou dedans. Les moins chers (les makis au thon, au nato ou certains sushis au saumon…) coûtent environ 100 yens la paire. Les plus chers que j'ai rencontré, notamment ceux très connu à l’otoro (une partie particulière du saumon) peuvent coûter 500 yens. A vous donc, de savoir ce que vous désirez manger et payer. La plupart des noms sont exprimés en katakanas et savoir déchiffrer le japonais pourra vous être utile, mais certains restaurants proposent aussi des menus en anglais. La plupart du temps on vous le tendra en devinant que vous n'êtes pas japonais ou vous pourrez le demander en anglais... Les serveuses comprendront.

Comme dans toutes les sushiyas (ou boutiques où sont servis les sushis), les sushis seront servis avec sauce soja, gingembre et wasabi… et thé vert : devant votre nez, des petits robinets d’eau chaude et de la poudre matcha. Mélangez les deux et vous obtiendrez du thé vert. Notez qu’il est toujours possible de demander un pichet d’eau froide si vous craignez le goût particulier de cette boisson.

Quant à l’estimation du prix pour ne pas avoir de mauvaise surprise à la fin, les sushis sont
servis sur des assiettes de couleur et chaque couleur correspond à un prix : au moment de payer, l’hôtesse n’aura qu’à recenser votre pile d’assiettes. En choisissant un peu en fonction du prix, avec des sushis entre 100 et 150 yens, vous pourrez avoir une douzaine de sushis pour 700 yens. Notez que vous pouvez opter pour des menus avec des choix de sushis préformés et de la soupe miso en plus. C'est plus cher, mais ça peut valoir le coup si vous voulez tout goûter ou si vous êtes un gros mangeur.

… vs démonstration

Si vous trouvez que le tapis roulant, ce n’est pas très humain, il y a une alternative toute aussi traditionnelle et assez impressionnante: au lieu d’avoir des assiettes défilant devant vous, vous pouvez avoir un chef qui les confectionne devant votre nez au fur et à mesure que vous lui commandez des sushis. Une expérience surprenante, mais pas aussi gênante qu'elle en a l'air, notamment si vous parlez français entre vous: vous n'aurez pas l'impression que l'on peut vous épier.

Là encore, les sushis sont servis à la paire au creux d'une feuille. Le confectionneur de sushis note le prix de votre commande sur une grille à chaque fois que vous lui en commandez... en japonais ou en montrant simplement du doigt le menu: la langue n'est donc pas une barrière. L'ambiance était un peu différente de celle expérimentée dans le restaurant aux tapis roulants tueurs: elle était un peu plus conviviale avec nos voisins et avec les serveurs. Il y avait notamment une serveuse qui venait nous resservir du thé à chaque fois que nos verres se vidaient.

En bref

Au moment de choisir dans lequel de ces deux restaurants j'aimerai retourner, je n'hésiterai pas: celui face à un chef cuistot. Difficile de garantir que la qualité de ses sushis étaient meilleurs, mais c'était plus humain. Sa présence permettait notamment de lui demander de mettre un peu moins de wasabi dans ses sushis pour ne pas pleurer à chaque bouchée ^^ Cependant, il est clair que l'expérience est un peu plus intimidante, surtout si vous ne parlez pas un mot de japonais: la salle était plus étroite et devoir s'adresser au cuistot un peu effrayant au départ... Sans compter que les tapis roulants sont quand même quelque chose que l'on souhaite apercevoir en venant au Japon. Bref, à vous de décider !

Astuce

Les japonais mangent tôt. Beaucoup plus tôt que les français, le soir. Ainsi, le coup de feu est autour de 18 heures... attendez donc un peu. D'une part, ce sera plus calme. D'autre part, les restaurants de sushis qui servent du poisson frais doivent jeter leurs restes de la journée: ils baissent donc leurs prix en fin de journée pour des '''Happy hours''... Ou comment manger des sushis deux fois moins cher ;)

Adresses

Gare Takadanobaba, juste à sa sortie, dans la direction opposée à Waseda.
Gare Ueno, dans les petites rues avoisinantes s'amassent de nombreuses petites boutiques qui semblent minuscules et un peu effrayantes de l'extérieur. Mais ça vau vraiment le coup de s'y aventurer. Les gens de vous mangeront pas... et vous devriez vous régaler.

vendredi 8 juillet 2011

Thé vert et matcha

Non content de s’inviter dans vos tasses à tous les repas et lors des traditionnelles cérémonies du thé, le thé vert japonais vient de plus colorer de vert de nombreuses pâtisseries japonaises. Petit tour d’horizon de ce produit qui ne devrait pas passer inaperçu durant votre voyage japonais.



Du thé vert à tous les repas

Que ce soit dans les cantines, dans les restaurants de base, qui servent des plats uniques dans des quantités industrielles, ou à contrario dans des restaurants plus élaborés la boisson à la mode est le thé vert. Seule change sa qualité. Et donc son goût. Au restaurant scolaire de l’université de Waseda à Tokyo, par exemple, le distributeur sert thé vert, eau chaude ou eau fraîche. Le thé vert n’y a alors pas beaucoup de goût... De même dans certains petits restaurants où l’on vous sert directement du thé vert et où il est nécessaire de demander pour avoir de l’eau*. Dans certains autres restaurants, j’ai vu ce procédé dans un restaurant de sushi à la chaîne, vous aurez à votre disposition des petits robinets d’eau chaude et de la poudre de thé vert et vous devrez faire votre mixte tout seul… là encore, il vous faudra demander pour avoir un pichet d’eau froide. 

Du thé vert haut de gamme

Ou comment il serait finalement facile de déduire que le thé vert est un produit bas de gamme au Japon. Ce qui n’est absolument pas vrai. Prenez le vin en France : s’il en existe effectivement du très bas de gamme, vendu à quelques euros la bouteille, il est possible de dénicher des crus qui vous coûteront les yeux de la tête… C’est pareil pour le thé vert, le plus cher, le King of Green Masa super premium, revenant à plus de 2500 dollars pour une bouteille de 750 mL !

Un thé vert à part, le matcha

Le matcha est un thé vert très spécifique dans le sens où il ne s’infuse pas : il se présente sous la forme d’une poudre qu’il faut mélanger à l’eau chaude pour créer une boisson plus ou moins épaisse… et amère. Il est notamment utilisé lors de la cérémonie du thé durant laquelle il est dégusté accompagné de pâtisseries très sucrées à base d’azukis (pâte de haricots rouges) pour casser son amertume. La boisson est peu appréciée au premier abord des occidentaux mais aussi parfois des japonais… un gag récurrent des séries japonaises étant les grimaces de ceux qui y goûtent pour la première fois.

Du thé vert à toutes les sauces

Cette poudre matcha permet d’utiliser la saveur particulière du thé vert dans de nombreux « produits dérivés » : dans des boissons, mais aussi dans des pâtisseries. Ainsi, l’une des boissons phares des coffee shops japonais, type Starbucks (Veloce Café, Tully’s coffee…), est le matcha latte : une boisson sur le même modèle qu’un café latte, avec lait et crème fouetté, mais parfumé au thé vert. A l’inverse du matcha dégusté lors des cérémonies du thé, cela donne des boissons particulièrement sucrées. De même pour les bubble tea saveur matcha**. En plus de ces boissons, on trouve un nombre impressionnant de pâtisseries et sucreries parfumées à cette saveur… qui ont toutes pour particularité d’être vertes ! C’est le cas des cookies, des donuts, de cake et cheese-cake ou encore des kitkats ! Et si vous voulez vous lancer dans ce genre de tests culinaires, sachez que de nombreuses recettes à base de poudre matcha (disponible dans les boutiques spécialisées dans la vente de thé) sont trouvables sur internet.

Un bon moyen pour essayer chez vous une saveur particulière que vous vous devez de tester si vous vous rendez au Japon ! Notez que vous réussirez à vivre au Japon sans aimer le thé vert cependant ;) Mais l'apprécier vous aidera sans conteste à vous intégrer.

Marièke Poulat

*****

* Pour ceux que le thé vert dégoûte (ça arrive, malheureusement pour eux), la phrase magique est : « Sumimasen, O-mizu ga arimasu ka ? » ou « Excusez-moi, y-a-t’il de l’eau ? ».

** Cf. article sur le Bubble Tea

jeudi 7 juillet 2011

Gyudon ou le côté sombre de la cuisine japonaise

Loin du raffinement connu des sushis, la cuisine japonaise regorge de plats plus simples… et plus bourratifs, à l’image de notre sandwich au jambon ou de notre omelette au fromage. Un parfait exemple en est le Gyudon, ou sa version améliorée l’oyakodon, plats uniques à base de riz servis dans un bol qui peut être dégusté pour quelques centaines de yens seulement… et idéaux en cela pour restaurer les salarymens à la sortie du travail.

Un plat unique calorique

Fait à partir de morceau de porc peu chers (et donc gras…), le gyudon ou son versant encore plus lourd, l’oyakodon, est un plat calorique. Idéal donc pour rassasier le salarymen à la sortie du travail ou le touriste qui en est à son 20ème kilomètre de la journée à pied. Annoncé à plus de 800 calories du bol (même pour la version S/petite), il se présente sous la forme d’un bol de riz recouverts de lamelles de porc revenues avec de l’oignon… le tout surmonté d’un œuf mollet (dont le jaune est encore coulant) si vous avez demandé un oyakodon. Et avec la possibilité d’y ajouter du gingembre confit et de la sauce soja. Un cocktail chargé, certes, mais apprécié, par les japonais et certaines internationaux, notamment en hiver servi avec un verre de thé vert bien chaud.

Oyakodon

 
Disponible dans de nombreuses enseignes…

Reste que le service de ce plat peut surprendre. Au Japon, trois chaînes sont réputées pour le proposer : Matsuya, Sukiya et Yoshinoya. Il est certainement possible d’en goûter dans des boutiques plus traditionnelles, mais l’avantage de ces chaînes est qu’elles ne sont pas chères (comptez moins de 300 yens – 3€ pour un bol de petite taille… qui devrait déjà pouvoir vous caler en partie) et présentes sur tout le territoire : à Tokyo, difficile de faire 100 mètres sans tomber sur l’une de ces trois enseignes… En plus, du fait qu’elles ne font que très peu de produits, ceux qu’elles proposent sont bons.

Leur service est cependant différent. Yoshinoya est la plus grande et offre un plus grand choix. Son offre de restaurant est de plus beaucoup plus occidental, avec un serveur à qui il faudra demander son plat et des tables en plus des comptoirs où les japonais aiment manger seuls en deux temps, trois mouvements… Deux aspects qui peuvent paraître normaux, mais qui sont en fait loin de l’être au Japon. En effet, les deux autres enseignes ont un fonctionnement différent mais qui devrait avantager les occidentaux que vous êtes.

… au fonctionnement 100% japonais

La première chose que vous remarquerez en passant la porte des restaurants Sukiya ou Matsuya, c’est la disposition de la salle. Si vous entrez dans un petit restaurant de centre-ville, il n’y aura qu’un comptoir disposé tout autour des fourneaux du cuisinier qui s’active au milieu. Vous apercevrez en plus sur votre gauche une machine. Elle propose tous les plats offerts par l’enseigne et est très facile d’accès : il suffit d’appuyer sur la photo du plat voulu et de payer le montant indiquer et un ticket en ressort. Vous le tendez au cuisinier une fois assis et quelques secondes plus tard, un bol fumant vous est servi. C’est prêt ! Vous n’avez plus qu’à déguster avec les baguettes en plastique qui sont présentent dans des boîtes devant vous. Vous avez aussi le loisir d’ajouter toutes les épices que vous souhaitez. C’est tout aussi simple que ça : vous n’avez pas eu un mot de japonais à décrocher… une bonne solution pour ceux qui sont un peu mal à l’aise avec la langue et qui souhaitent observer un mode de vie différent du leur. 

Un distributeur de tickets


Car il est évident que ce n’est pas le type de restaurant que vous choisirez si vous souhaitez déguster la gastronomie japonaise. D’ailleurs, les japonais non plus. Il s’agit plus d’une sorte de fast-food amélioré, une usine où les gens se suivent et s’arrêtent l’espace de quelques minutes (littéralement) avant de partir au boulot ou de rentrer chez eux. Mais c’est une bonne expérience… et une bonne solution si vous avez faim sur les coups de 3 heures du matin : l’une des spécificités de ces enseignes est d’être ouvert 24h/24 !

A tester !



Marièke Poulat

vendredi 24 juin 2011

L'onigiri: le sandwich japonais

 L’onigiri, à prononcer « O-ni-gui-li » en japonais, est l’un des casse-croûtes préférés des japonais et peut aussi bien se confectionner à la maison que s’acheter tout prêt dans les petites épiceries japonais nommées combini ou dans des endroits plus spécialisés. Il est l’équivalent de notre sandwich. A cela près qu’il ne contient ni pain, ni beurre, ni jambon.


Car un onigiri, c’est une boulette de riz collant de 200 grammes environ qui englobe une garniture variée et qui est parfois entourée d’une feuille d’algues séchées, appelée nori*. Un petit tour dans un combini permettra de facilement se rendre compte de la quantité des saveurs que l’on peut trouver dans un onigiri : si le plus populaire (et le moins cher) est le Tsuna-mayo (comprendre le thon-mayonnaise), d’autres sont fourrés avec de l’Umeboshi (prune salée marinée), du saumon, du poulet, de la viande ou encore du sésame. Sans compter que si vous le confectionnez maison, vous pourrez y mettre ce que vous voulez.

Il est assez facile de confectionner seul un onigiri. Il faut bien faire cuire le riz rond (japonais) de façon à ce qu’il soit très collant : il est possible de le préparer comme le riz à sushi, avec vinaigre de riz et un peu de sucre pour le rendre un peu plus collant. Ensuite, il s’agit de mouiller ses mains dans de l’eau salée (pour éviter qu’il n’adhère aux doigts) et de prendre une petite poignée dans le creux d’une main. C’est ensuite au tour de la garniture à mettre au centre en petite quantité, avant de refermer la boule avec une seconde poignée de riz. Il faut finalement serrer assez fort pour faire coller l’ensemble. Pour finir, il est possible de le mouler en forme de triangle ou de rond (il existe aussi des moules en plastique au Japon pour donner toutes sortes de formes) et de l’enrouler dans une feuille de nori.

Pour les moins courageux, cependant, le choix d’onigiris est très vaste dans les combinis ou dans des petites boutiques qui se proposent de vous en faire plus traditionnellement. Il est assez drôle de trouver comment l’ouvrir… Petit indice : il y a souvent des numéros pour l’ouvrir dans le bon sens et éviter les surprises. Le principal problème tient au fait que la garniture est indiquée en katakana ou en kanji : il est donc au départ assez difficile de savoir ce que l’on est en train de manger**. Une autre limite de l’onigiri industriel est que la garniture est parfois assez… inexistante. Son prix est cependant assez faible ce qui peut expliquer l’intérêt des japonais pour ce casse-croûte : de 65 yens, pour un onigiri Tsuna-mayo dans une grande surface (notez que les combinis sont un poil plus cher avec des premiers prix autour de 100 yens) à 200 yens pour les plus raffinés.

Enfin, concernant ses qualités nutritives, il faut compter environ 200 calories pour un onigiri… en sachant que si les petites faims pourront se contenter d’un seul, la plupart des gens doivent en manger deux ou trois pour se sentir rassasier. Le riz en fait un encas intéressant mais la faiblesse de sa garniture ne lui donne pas de grandes vertus nutritives (sans faire dans le nationalisme exacerbé, notre jambon-beurre-salade-tomate est beaucoup plus équilibré).

Bref, si vous êtes en train de crapahuter dans Tokyo et que vous souhaitez un petit encas sympa, traditionnel, peu cher et rapide à grignoter, l’onigiri est fait pour vous ! Un dernier conseil : favorisez une petite boutique ou un petit stand où l’onigiri vous sera servi encore tout chaud (ou comment on préfère le Parisien de la boulangère à celui de Sodebo ^^).

Marièke Poulat
*****

* Le goût des noris est assez particulier, très salé et poissonneux. Si vous n’aimez pas, il est  parfois possible de l’enlever.
** Pour les végétariens, une phrase utile peut alors être « Kono Onigiri no naka dé niku ga arimasu ka ? » : « Y a-t-il de la viande dans cet onigiri ? ». Si vous n’aimez pas le poisson, vous pouvez remplacer « niku » (viande) par « sakana » (poisson) dans la phrase précédente.

jeudi 10 février 2011

Saint Valentin et Jour Blanc au Japon


À l'image de Noël, fête typiquement occidentale de par ses origines religieuses, qui a été adaptée à la sauce japonaise, de nombreuses fêtes existent au Japon sous leur nom occidentaux mais avec des pratiques totalement différente... C'est le cas de la Saint Valentin, fête des amoureux, célébrée le 14 février qui prend une forme très différente de ce qui peut exister en France et qui se voit jumelée avec le 14 mars, le White Day ou Jour Blanc.

Comme toute fête importée, la Saint Valentin n'a pas de véritable nom japonais. Tout juste une traduction en alphabet phonétique, les katakanas, de son nom anglais: le Valentin Day devient ainsi le バレンタインデー. Elle garde aussi la même date, le 14 février, le même sens, puisqu'elle est la fête des amoureux, et le même côté très commercial... voire peut-être même plus prononcé que ce que l'on peut expérimenter en France. En effet, dès le 1er février, voir un petit peu avant, les magasins se parent d'offres pour la Saint Valentin: des chocolats, des cadeaux, des vitrines toutes de coeurs vêtues...

Cependant, la pratique diffère grandement. Si en France, il est d'usage d'envoyer des cartes à l'élu(e) de son coeur, de se faire des cadeaux, d'aller au restaurant en couple, ou encore de faire sa déclaration, ou même sa demande en mariage, en cette date-là, la Saint Valentin au Japon est fêtée différemment. Au Japon, pas de partage des tâches. Tout le travail est pour la gente féminine... mais rassurez-vous, mesdemoiselles et mesdames, ces messieurs devront vous rendre la pareille un mois plus tard, le 14 mars, en l'honneur du White Day, en japonais ホワイトデー, un jour qui n'a pas d'équivalent en France.

Le 14 février, les japonaises se doivent d'offrir des chocolats aux hommes qui sont importants pour elles. Elles peuvent ainsi en offrir aux hommes de leur famille, à leurs amis masculins et, bien entendu, à leur mari/petit-ami ou à celui dont elles sont amoureuses en guise de déclaration. Et, si elles veulent coller pour le mieux à la tradition, elles ont pour mission de confectionner ces chocolats par elles-même... Comme tous les moules qui sont vendus dans la plupart des magasins en attestent. Au Tokyo Hand's, un grand magasin de Tokyo, qui existe notamment à Shinjuku, à Shibuya ou encore à Ginza, c'est un étage entier qui est consacré à ces moules qui vont des classiques coeurs aux plus exotiques colombes de la paix... Il est d'usage d'offrir ces chocolats dans une boîte avec une carte, comme cela se fait en France.

En contrepartie, si contrepartie il y a en amour, mais l'on entre ensuite dans un sujet beaucoup trop philosophique pour cet article qui se voulait très trivial, les hommes doivent répondre le jour du White Day. Cette fête, inexistante en France, est célébrée au Japon depuis 1980, mais aussi en Corée du Sud et à Taiwan. Inventée au Japon, bien que ses origines soient un peu douteuses, il s'agissait dans un premier temps de trouver un moyen pour les hommes de ''rembourser'' leur dette envers les femmes qui leur avait offert des cadeaux. Il est appelé White Day car c'est d'abord une marque de chocolat blanc qui avait mis la main sur l'événement avant que la pratique ne s'étende peu à peu et qu'il devienne d'usage d'offrir un cadeau blanc. Aujourd'hui, si il y a différentes règles (tels que les giri-chocos offerts en tant que remerciement mais sans retour de sentiments, ou le san-bai gaeshi (''triple retour'') qui voudrait que le prix du cadeau soit trois fois plus élevé que celui reçu...), les cadeaux distribués sont similaires à ceux que l'on peut s'échanger pour la Saint Valentin en France (bijoux, parfums...).

Il n'existe pas à proprement parler une seule Saint Valentin au Japon: la Saint Valentin et le White Day semblent ainsi se compléter... ce qui fait bien les affaires des différentes industries (de chocolats, mais aussi de bijoux, les restaurants...). Mais, loin de ces questions d'argent qui cassent un peu la magie de l'instant (mon côté romantique qui ressort...), il existe une pratique assez différente chez les adolescents pour le White Day... Elle consiste à offrir un ruban blanc à la fille qui les intéressent: si celle-ci noue ce dernier avant la fin de la journée (sur son sac, dans ses cheveux, sur ses vêtements...), cela signifie que les sentiments sont partagés... Ah, c'est mignon un peu de douceur dans ce monde de brutes (de capitalisme ?). <3 ^^

Bonne バレンタインデー
Et bon ホワイトデー à tous !

Marièke POULAT

Setsubun à Shinjuku

En voilà encore un, de titre mystérieux. Mais le suspens devrait prendre fin maintenant: le Setsubun est une fête nationale au Japon, bien qu'elle ne soit pas fériée, ayant lieu tous les 3 févriers, auquel j'ai assisté au Temple Shinto Hanasono dans le quartier de Shinjuku dans Tokyo.

Modernité et tradition. Une dualité souvent utilisée pour décrire le Japon dans la plupart des livres et guides consacrés à ce pays. Et qui pourrait aussi être reprise ici. Car difficile d'imaginer qu'un Temple trouverait sa place au milieu des immeubles du quartier animé de Shinjuku. Et pourtant, c'est bien entre deux immeubles d'une dizaine d'étages, sur la rue Yakusuni, que le Tori, ou porte d'entrée principale, du Temple Hanasono est coincé.

Le Tori passé, opération retour dans le passé. Après quelques mètres parcourus au milieu d'une végétation succincte mais présente, c'est un voyage dans le passé de plus de 400 ans que l'on fait. C'est en effet autour de 1600 que les premières traces de l'existence de ce Temple shintoïste dédié au Dieu Inari peuvent se trouver. On débouche sur une place assez imposante, avec à gauche, le Temple principal, où les fidèles viennent prier, en face, une sorte de scène, et à droite, des temples auxiliaires... dont un dédié à la fécondité où les personnes désirant un enfant peuvent venir prier. Cette place est entièrement ouverte sur l'extérieur et il est possible de pénétrer dans l'enceinte du sanctuaire non seulement par la porte d'entrée principale située sur la rue Yakusuni, mais aussi par tous les autres côtés.

Du fait de sa situation, en plein milieu d'une zone très animée de Tokyo, le Temple est particulièrement visité, surtout tôt dans la matinée, lorsque les travailleurs se rendent au travail, et dans la soirée, quand ils en sortent. Pourtant, en ce 3 février 2011, la foule se pressait autour de l'esplanade du Temple Hanasono, qui accueillait en son sein des visiteurs surprenants... des démons (!) que ses défenseurs ont chassé d'une façon tout aussi surprenante... puisque c'est à coup de haricots secs que ces derniers ont été écartés. Une arme étonnante qui prend cependant tout son sens quand on apprend que le Setsubun, cette fête qui a lieu tous les 3 février pour fêter l'arrivée du Printemps, est aussi appelée populairement la fête du « lancer de haricots ».

D'origine chinoise, cette fête est une cérémonie d'exorcisation contre les mauvais esprits. Elle a, par le passé, été pratiquée de deux manières différentes, dans les palais où les nobles chassaient les mauvais esprits avec leurs arcs et leurs flèches, et dans les temples où ils étaient repoussés à coup de haricots de soja... avant que ces deux célébrations soient fusionnée et que la pratique actuelle soit adoptée.

Aujourd'hui, elle est fêtée à la fois dans les familles et dans les temples shintoïstes. En famille, elle prend la forme d'une fête pour les enfants, où ces derniers jettent des haricots grillés sur des adultes déguisés en démon en criant « Dehors les Démons » et « Dedans le Bonheur ! »... alors qu'elle adopte une forme un peu plus sérieuse dans les Temples.

Au Temple Hanasono, elle a débuté avec le défilé d'une cinquantaine de personnes, de tout âges et de tout sexes, vêtus d'habits traditionnels bleus marchant au rythme des taikos et armés de petites boîtes de bois remplies de haricots grillés. Ils ont fait le tour de l'enceinte avant de revenir et de venir prier pendant une demi-heure dans le Temple, alors que les visiteurs attendaient à l'extérieur. Il sont finalement sortis et, après avoir appelé les enfants présents dans l'assistance, les démons ont fait leur apparition. Ils étaient deux... et ils ont déguerpis aussi vite sous des jets de haricots. Puis, la place a été faite à deux sorcières qui ont distribuées le bonheur sous forme de petits papiers blancs, après avoir effectué une danse. Ensuite, les haricots non jetés ont été distribués au public... qui avait pour choix soit de les manger, soit de faire des batailles. Un conseil: goûtez-les, c'est assez bon et si vous en manger autant que le nombre de vos années, cela porte bonheur. Puis, en guise de fermeture, la foule a été conduite sur les marches où chacun a reçu une enveloppe remplie de cadeaux... des snacks, des vêtements, des stylos, des chocolats... voir même du curry ou des bols.

Il était trois heures trente et la cérémonie, débutée à deux heures, était terminée, nous laissant les bras chargés et les yeux écarquillés. Les étrangers, omniprésents, ne comprenaient pour la plupart pas vraiment ce qui venait de se passer. J'en fait partie. Cette fête pour les enfants m'a semblé assez longue pour eux (deux minutes à peine de jets de haricots pour 1h30 d'attente... sans compter qu'il faisait froid...), mais pour des étrangers en manque de traditions et de dépaysement, le tout en plein milieu du quartier animé de Shinjuku, cela vaut le détour !

Marièke POULAT

mercredi 9 février 2011

Le Nouvel An au Japon, à table et en dehors...

« 3, 2, 1... 0 ! Akemashite Omedetou Gozaimasu ! »

Et oui. Au Japon aussi il y a un décompte pour le Nouvel An... Mais c'est peut-être le seul point commun que l'on puisse trouver entre Nouvel An français et japonais: que ce soit à table ou en dehors, le Nouvel An japonais diffère grandement du Nouvel An Français. Pas de fois gras, pas de champagne non plus, ni de gui accroché au plafond ou encore de soirées arrosées entre amis. Le Nouvel An Japonais est une fête, marquée par une forte empreinte religieuse, qui se passe le plus souvent en famille durant les premiers jours de la Nouvelle Année autour de plats traditionnels et de rites souvent plus sociaux que religieux divers.


Si pour Noël, la tradition culinaire est assez limitée, le Christmas Cake étant la seule pièce ajoutée au repas habituel, le repas du Nouvel An au Japon a une place tout à fait particulière dans la culture japonaise. Alors, forcément, les fois gras, dinde aux marrons, bûche de Noël et consorts, si chers à notre Réveillon français n'ont pas leur place. C'est l'Osechi ryori, la cuisine traditionnelle, qui prime, adaptée aux traditions japonaises autour du jour de l'An. Cette dernière, composée de nombreux mets différents, est confectionnée par la maîtresse de maison plusieurs jours à l'avance. D'une part parce que le travail demandé par cette cuisine est important, mais aussi parce qu'il est de coutume au Japon de ne pas travailler au Japon les jours qui entourent le Jour de l'An1. Cette cuisine est ensuite conservée dans des boîtes de bois laquée, avant d'être servie au matin du Jour de l'An... Oui. Vous avez bien lu. Au matin du Jour de l'An.

Car c'est bien en guise de petit-déjeuner que cette cuisine est servie. En effet, à la veille du Nouvel An se sont des sobas, des pâtes, qui sont servies car elles auraient la vertu de pouvoir rendre pur, de laver le corps de l'année écoulée afin d'en entamer une nouvelle de la meilleure des manières. La cuisine traditionnelle attend donc la nouvelle année enfermée dans ses différentes boîtes. Elle est servie au petit déjeuner du 1er de l'An dans des boîtes individuelles. Dans chacune des boîtes compartimentées est disposé un peu de chaque plat, salé et sucré, le tout accompagné d'un bol de soupe traditionnelle et de riz. 

 Osechi
Les mets sont nombreux et les saveurs diverses, très différentes de ce que l'on peut connaître en France (et notamment pour le petit déjeuner...). On retrouve ainsi de nombreux fruits de mer, mais aussi différents légumes de saison cuisinés, comme de la racine de Lotus, appelé Ni Shime, ou de la purée de patate douce et de châtaigne, le kuri kinton.

 Ni Shime


Kuri Kinton


Un autre produit qui est très présent est le mochi. Faite de riz écrasé, pouvant être sous forme plus ou moins dure, cette pâte est particulièrement présente dans la période du Nouvel An et il arrive même que les familles se regroupent pour la préparer. Son goût est assez inexistant et sa texture est proche de celle du chewing-gum... tant et si bien que chaque année plusieurs personnes meurent étouffées à cause de lui... Il est par exemple à la base de l'Ozoni, cette soupe traditionnelle qui se sert dans le Kanto, région de Tokyo. 


Mochi Grillé

Ozoni
(sans bouillon ^^)


Le seul thème de la nourriture du Nouvel An au Japon permet de voir à quel point France et Japon sont deux pays différents dans leur manière de fêter le Nouvel An. Pourtant, cela ne s'arrête pas là. Manger son copieux repas dans des boîtes au matin du Nouvel An ne résume pas cet événement au Japon. Ce dernier se compose de nombreuses célébrations, notamment religieuses, mais pas que... on peut citer à titre d'exemple le Hatsumōde, ou première visite au Temple bouddhiste ou shintoïste de l'année (qui s'accompagne du brûlage d'encens, d'une prière, d'un don de quelques pièces de monnaie, ou encore de l'achat d'un omikuji, sorte de prédiction de la chance de l'année à venir). Les temples ne désemplissent pas du 1er au 15 janvier environ, avec pour certains d'entre eux la tenue de festivals, ou Matsuris, autour des temples, comme à Mishima auprès du Taïsha, le Grand Temple, où des stands sont mis en place pendant toute la nuit de la Saint Sylvestre.


Taisha

Feu de camp

Stand


En parallèle à ce pélerinage à la valeur plus sociale que religieuse, il existe des célébrations totalement sécularisées, comme le Hatsuhinode, premier lever soleil de l'année, ou le premier rêve de l'année, le Hatsuyume, qui revêtent une importance toute particulière. Les étrennes, les Otoshidamas, qui sont remises aux enfants dans des enveloppes décorées, sont aussi dépourvues de toute signification religieuse.

Aussi, avis aux touristes, le Nouvel An n'est pas forcément la bonne période pour voyager car si de nombreux festivals se tiennent, la plupart des restaurants, des musées, des parcs ou encore des services sont fermés ce qui ne facilitent pas les visites... sans compter que la plupart des célébrations se font à l'intérieur du foyer, en famille, où le touriste n'a pas sa place. Cependant, si vous vous trouviez au Japon durant cette période, profitez-en pour faire un tour dans les différents temples de votre ville: ils abriteront certainement des festivals et quoi de mieux que commencer l'année entre amis autour d'un feu de camp dans la cour d'un temple en mangeant des crêpes, des tacoyakis, des marrons grillés ou des dangos ?  



Tacoyakis

Dangos

Alors... Akemashite Omedetou ! (Et bon appétit ^^)


Marièke POULAT


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1) Ou comment il faut impérativement penser à retirer de l'argent avant le 1er Janvier au Japon car si la plupart des combinis (convinient stores) sont encore ouverts, les ATM ou distributeurs de liquides qu'ils renferment ne fonctionnent pas: les banques ne fonctionnent pas entre le 1er et le 3 Janvier, pas plus que les distributeurs des bureaux de poste...

Noël au Japon

À peine les décorations d'Halloween remisées au placard à la fin du mois d'Octobre, les différentes vitrines de Tokyo revêtent leurs vêtements rouge et blanc de Noël. Tout n'est plus que guirlandes, neige, sapin et bougies. Les rues s'habillent à leur tour au début du mois de Décembre. Si les quartiers les plus célèbres pour leurs illuminations de Noël sont Shibuya, Harajuku ou encore Roppongi, la plupart des rues de Tokyo voient leurs lampadaires s'orner de lumières. Sans compter les marchés de Noël d'origine européenne qui s'installent, à Roppongi, par exemple, avec un marché de Noël allemand. 

Roppongi Hills et ses illuminations

Bref, le parfait tableau de Noël européen transposé à Tokyo. Transposé. C'est le mot. Car le Noël tel qu'on le connait en France, une fête familiale aux origines chrétiennes, a été adapté à la sauce japonaise. En effet, au Japon, Noël ne partage pas du tout les mêmes valeurs que le Noël français, ce qui peut s'expliquer par l'absence de l'empreinte de la religion catholique. Noël est ici avant tout un bonhomme habillé en rouge et blanc distribuant les cadeaux de sa hotte grâce à son traîneau et à ses amis les lutins et les rennes. La naissance de Jésus est absente et il n'y a pas de crêche installée sous les sapins et encore moins de Messe de Minuit dans les Temples Japonais le jour de Noël.

Au Japon, Noël est ainsi une sorte de Nouvel An à la française: fait de parties entre amis et de sorties en amoureux. Il est avant tout la fête des amoureux et à la veille de Noël, la tradition est de sortir en couple et d'aller admirer les illuminations dans les quartiers animés de Tokyo après avoir mangé en tête-à-tête. Ne vous étonnez pas de tomber nez-à-nez avec la Christmas Box préparée par Mc Donald, une sorte de Happy Meal géant pour deux avec des produits proposés en double et une unique portion de frites géante à partager. 

 Christmas Box à Mc Donald
(offre réservée au Japon)

Noël au Mc Do ou comment Noël et le réveillon de la veille de Noël au Japon n'est pas un haut lieu de la gastronomie. Pas de fois gras, de dinde aux marrons, ou encore de papillote pour Noël. Les plats servis le jour du réveillon de Noël sont les mêmes que ceux servis tous les soirs dans les familles japonaises, mis à part la présence du poulet frit, sorte de nugget géant, dans tous les conbinis et du gâteau au moment du dessert... Et ce n'est pas rien, puisque, d'une part, il n'y a jamais de dessert en fin de repas au Japon, et que, d'autre part, il s'agit du Christmas Cake... Un gâteau assez proche dans la texture, dans les goûts proposés (chocolat, café, marron...) ou encore dans la décoration à notre Bûche de Noël, à la différence près qu'il est rond. 


 Gastronomie japonais pour Noël
Les lumières, les amoureux, la cuisine... et les enfants dans tout ça ? Après tout, ce sont eux qui sont à l'honneur à Noël en France. Au Japon aussi, même si ils n'ont pas le droit au Calendrier de l'Avent qui n'existe pas. Ils rédigent cependant une lettre au Père Noël et reçoivent des cadeaux pour Noël. Mais pas sous le sapin et encore moins dans les chaussons... Les japonais à qui j'en ai parlé ont ouverts grands les yeux. Les cadeaux sont déposés sur l'oreiller ou sur le bureau au matin de Noël... Comme ça, même pas besoin de sortir de sous la couette pour les ouvrir ! Attention cependant, il ne fait parfois pas bon d'être précoce: certains des enfants cessent de demander des cadeaux à leurs parents quand ils découvrent que le Père Noël n'existe pas. L'histoire ne dit pas si ce sont les parents qui l'imposent ou si les enfants sont réellement gênés de leur demander des cadeaux.

Mais bon, ne nous inquiétons pas trop pour eux, ils ne sont pas brimés puisque quelques jours plus tard le Nouvel An arrive avec son lot de traditions familiales et de cadeaux. Si le Noël japonais est une fête pour les amoureux ou passée entre amis, le Nouvel An Japonais, passé en famille, a des airs traditionnels de Noël français et la vie s'arrête à ce moment-là au Japon.

Marièke POULAT

Un 23 Décembre au Japon

Quand Sa Majesté l'Empereur du Japon, aussi connu sous le nom de Akihito en Occident*, célèbre son anniversaire, il voit les choses en grand. Non seulement le 23 décembre, jour de sa naissance en 1933, est férié au Japon depuis qu'il est devenu Empereur en 1989, mais en plus il ouvre exceptionnellement les portes de sa résidence, le Palais Impérial ou Kōkyo en japonais, à des milliers de curieux et profite de l'occasion pour faire plusieurs apparitions publiques et prononcer un discours de circonstance.


Le Palais Impérial

Depuis que l'Empereur actuel a accédé au trône, après avoir été intronisé comme fils héritier en 1951, sa date d'anniversaire est devenue jour férié. Il est le 125ème Empereur du Japon, issu de la lignée Yamato au pouvoir depuis -660 av. JC ce qui en fait la plus ancienne dynastie régnant sur un pays au monde. Pendant longtemps personnage sacré et politique, l'Empereur du Japon occupe aujourd'hui plutôt un rôle de représentation, à l'image de la Reine d'Angleterre, par exemple. L'Empereur a perdu tous ses pouvoirs politiques ainsi que son statut de représentant des Dieux sur Terre en 1945. Il est à présent reconnu comme le Chef de l'État par les autres États et est le symbole de l'État et de l'unité du peuple japonais.

Vénéré par son peuple, symbole d'un Japon traditionnel, son statut semble pourtant changer peu à peu... semble presque se moderniser. En effet, l'Empereur actuel est le premier à avoir reçu une éducation en dehors des murs du Palais Impérial, du fait d'une enfance marquée par l'Après Guerre 1945 et d'une ouverture certaine et nouvelle sur l'Occident. Akihito est aussi le premier Empereur à s'être marié avec une femme non-issue de la noblesse, Michiko Shōda, qui deviendra Sa Majesté l'Impératrice du Japon Michiko, et à choisir d'élever seul ses enfants, sans les soumettre à la garde d'un précepteur. Ces choix ne se sont pas fait sans heurts, mais montrent une modernisation de la fonction d'Empereur. Progressive cependant, comme on a pu le voir au moment du débat qui a agité le Japon au début des années 2000, alors qu'il n'y avait pas encore d'héritier: devait-on, oui ou non, permettre aux femmes d'accéder au pouvoir, alors que cela leur est interdit formellement par l'Article 2 de la Constitution de 1889 ? Le débat a finalement pris fin en 2007 sans aboutir, après la naissance en 2006 du Prince Hisahito, petit-fils de Akihito, qui repoussait à plus tard la discussion sur la démarche à suivre en cas d'absence totale d'héritier mâle.

Loin de ces considérations politiques, le 23 décembre est un jour de fête au Japon, qui permet aux Japonais, mais aussi (et surtout) aux étrangers, de voir leur Empereur et d'accéder aux jardins du Palais Impérial dont l'immense majorité est fermée au public durant l'année. En ce jour férié, les visiteurs, nombreux, sont autorisés à passer le pont Nijubashi et à pénétrer dans l'enceinte du Palais. Cela ne se produit que deux fois dans l'année: le 23 décembre, donc, et le 2 janvier, pour célébrer l'arrivée du Nouvel An. 


Le Pont Ote-mon 
L'entrée principale du Palais

En ce 23 décembre 2010, le Palais était ouvert au public entre 9h30 et 11h20 seulement, avec trois apparitions programmées de l'Empereur à 10h20, 11h et 11h40. Après plusieurs barrages de sécurité, entre fouille des sacs et fouille au corps, et plusieurs mètres parcourus au pas de course au rythme des policiers présents pour l'occasion, on arrive au fameux pont Nijubashi que l'on traverse pour entrer dans l'enceinte du Palais. La place qui se présente est immense et les gens s'y amassent peu à peu, armés de drapeaux que l'on leur a distribué préalablement. L'ordre est de mise et les policiers nombreux: difficile d'imaginer un quelconque dérapage. Il faut dire que la presse est présente en nombre à l'arrière et qu'un incident serait sûrement négatif non seulement pour l'image de l'Empereur, mais aussi pour celle de tout le Japon. Vient enfin l'heure de l'apparition de l'Empereur qui ne se fait pas attendre: à l'heure dite, sous les applaudissements tout en retenue de la foule, il apparaît. Les drapeaux s'agitent alors au dessus des têtes alors qu'il salue ceux qui sont venus célébrer son anniversaire. Pas de gâteau, cependant. Au menu, un simple discours de remerciement et d'encouragement pour l'année à venir. Il est étonnamment court pour un discours politique et la foule, devenue silencieuse, fait disparaître ses drapeaux le temps de l'écouter. Une fois les derniers mots prononcés et la bonne année souhaitée, les drapeaux s'agitent un nouvel instant, comme pour un « Au revoir ». 
La foule attend l'Empereur... 
  ... quand quelque part, au loin...

... l'Empereur et sa famille apparaît

C'est déjà fini. Arrivés à 10h au Palais sortis à 10h45: l'Empereur a disparu et les policiers font avancer la foule vers la sortie qui se trouve être les jardins Est du Palais Impérial. Ceux-là même qui sont ouverts toute l'année. Mais bon, ils sont beaux, calmes et même si on les a déjà parcourus, on n'hésite pas à en refaire le tour une nouvelle fois, car d'un mois sur l'autre, les couleurs qui le parsèment sont différentes... Quand on se dit qu'il ne s'agit que d'une antichambre du domaine impérial, on se dit que c'est un peu dommage de le réserver aux seuls proches de l'Empereur et du pouvoir. Surtout que cette « ouverture au public » comme ils l'appellent laisse un petit goût amer: si on pourra se vanter dans le futur d'avoir vu l'Empereur en vrai, il n'en reste pas moins que l'on a pas vu grand chose de son palais et de ses jardins personnels. Mais c'est ainsi. Il y a de ces privilèges que l'on ne pourra pas abolir de sitôt... et avec un Prince de seulement 4 ans, difficile d'envisager le mariage.


Les jardins de l'Est...
 ... un coin calme au coeur de Tokyo

L'Empereur gardera donc son Palais et ses jardins. Et nous ? Et bien... Nous regarderons Tokyo de plein pieds et non du haut d'un balcon. Un programme alléchant aussi, non ?

Marièke POULAT
* Attention cependant: si l'appellation Akihito est répandu en Occident, il est considéré comme un manque de respect au Japon d'utiliser uniquement le prénom de celui que l'on appelle « Sa Majesté l'Empereur » ou « Sa Majesté Présente ».

Pour plus d'informations, consulter le site officiel des Résidences Impériales Japonaises (disponible en anglais ou en japonais uniquement): http://www.kunaicho.go.jp/eindex.html