mercredi 9 février 2011

Le Nouvel An au Japon, à table et en dehors...

« 3, 2, 1... 0 ! Akemashite Omedetou Gozaimasu ! »

Et oui. Au Japon aussi il y a un décompte pour le Nouvel An... Mais c'est peut-être le seul point commun que l'on puisse trouver entre Nouvel An français et japonais: que ce soit à table ou en dehors, le Nouvel An japonais diffère grandement du Nouvel An Français. Pas de fois gras, pas de champagne non plus, ni de gui accroché au plafond ou encore de soirées arrosées entre amis. Le Nouvel An Japonais est une fête, marquée par une forte empreinte religieuse, qui se passe le plus souvent en famille durant les premiers jours de la Nouvelle Année autour de plats traditionnels et de rites souvent plus sociaux que religieux divers.


Si pour Noël, la tradition culinaire est assez limitée, le Christmas Cake étant la seule pièce ajoutée au repas habituel, le repas du Nouvel An au Japon a une place tout à fait particulière dans la culture japonaise. Alors, forcément, les fois gras, dinde aux marrons, bûche de Noël et consorts, si chers à notre Réveillon français n'ont pas leur place. C'est l'Osechi ryori, la cuisine traditionnelle, qui prime, adaptée aux traditions japonaises autour du jour de l'An. Cette dernière, composée de nombreux mets différents, est confectionnée par la maîtresse de maison plusieurs jours à l'avance. D'une part parce que le travail demandé par cette cuisine est important, mais aussi parce qu'il est de coutume au Japon de ne pas travailler au Japon les jours qui entourent le Jour de l'An1. Cette cuisine est ensuite conservée dans des boîtes de bois laquée, avant d'être servie au matin du Jour de l'An... Oui. Vous avez bien lu. Au matin du Jour de l'An.

Car c'est bien en guise de petit-déjeuner que cette cuisine est servie. En effet, à la veille du Nouvel An se sont des sobas, des pâtes, qui sont servies car elles auraient la vertu de pouvoir rendre pur, de laver le corps de l'année écoulée afin d'en entamer une nouvelle de la meilleure des manières. La cuisine traditionnelle attend donc la nouvelle année enfermée dans ses différentes boîtes. Elle est servie au petit déjeuner du 1er de l'An dans des boîtes individuelles. Dans chacune des boîtes compartimentées est disposé un peu de chaque plat, salé et sucré, le tout accompagné d'un bol de soupe traditionnelle et de riz. 

 Osechi
Les mets sont nombreux et les saveurs diverses, très différentes de ce que l'on peut connaître en France (et notamment pour le petit déjeuner...). On retrouve ainsi de nombreux fruits de mer, mais aussi différents légumes de saison cuisinés, comme de la racine de Lotus, appelé Ni Shime, ou de la purée de patate douce et de châtaigne, le kuri kinton.

 Ni Shime


Kuri Kinton


Un autre produit qui est très présent est le mochi. Faite de riz écrasé, pouvant être sous forme plus ou moins dure, cette pâte est particulièrement présente dans la période du Nouvel An et il arrive même que les familles se regroupent pour la préparer. Son goût est assez inexistant et sa texture est proche de celle du chewing-gum... tant et si bien que chaque année plusieurs personnes meurent étouffées à cause de lui... Il est par exemple à la base de l'Ozoni, cette soupe traditionnelle qui se sert dans le Kanto, région de Tokyo. 


Mochi Grillé

Ozoni
(sans bouillon ^^)


Le seul thème de la nourriture du Nouvel An au Japon permet de voir à quel point France et Japon sont deux pays différents dans leur manière de fêter le Nouvel An. Pourtant, cela ne s'arrête pas là. Manger son copieux repas dans des boîtes au matin du Nouvel An ne résume pas cet événement au Japon. Ce dernier se compose de nombreuses célébrations, notamment religieuses, mais pas que... on peut citer à titre d'exemple le Hatsumōde, ou première visite au Temple bouddhiste ou shintoïste de l'année (qui s'accompagne du brûlage d'encens, d'une prière, d'un don de quelques pièces de monnaie, ou encore de l'achat d'un omikuji, sorte de prédiction de la chance de l'année à venir). Les temples ne désemplissent pas du 1er au 15 janvier environ, avec pour certains d'entre eux la tenue de festivals, ou Matsuris, autour des temples, comme à Mishima auprès du Taïsha, le Grand Temple, où des stands sont mis en place pendant toute la nuit de la Saint Sylvestre.


Taisha

Feu de camp

Stand


En parallèle à ce pélerinage à la valeur plus sociale que religieuse, il existe des célébrations totalement sécularisées, comme le Hatsuhinode, premier lever soleil de l'année, ou le premier rêve de l'année, le Hatsuyume, qui revêtent une importance toute particulière. Les étrennes, les Otoshidamas, qui sont remises aux enfants dans des enveloppes décorées, sont aussi dépourvues de toute signification religieuse.

Aussi, avis aux touristes, le Nouvel An n'est pas forcément la bonne période pour voyager car si de nombreux festivals se tiennent, la plupart des restaurants, des musées, des parcs ou encore des services sont fermés ce qui ne facilitent pas les visites... sans compter que la plupart des célébrations se font à l'intérieur du foyer, en famille, où le touriste n'a pas sa place. Cependant, si vous vous trouviez au Japon durant cette période, profitez-en pour faire un tour dans les différents temples de votre ville: ils abriteront certainement des festivals et quoi de mieux que commencer l'année entre amis autour d'un feu de camp dans la cour d'un temple en mangeant des crêpes, des tacoyakis, des marrons grillés ou des dangos ?  



Tacoyakis

Dangos

Alors... Akemashite Omedetou ! (Et bon appétit ^^)


Marièke POULAT


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1) Ou comment il faut impérativement penser à retirer de l'argent avant le 1er Janvier au Japon car si la plupart des combinis (convinient stores) sont encore ouverts, les ATM ou distributeurs de liquides qu'ils renferment ne fonctionnent pas: les banques ne fonctionnent pas entre le 1er et le 3 Janvier, pas plus que les distributeurs des bureaux de poste...

Noël au Japon

À peine les décorations d'Halloween remisées au placard à la fin du mois d'Octobre, les différentes vitrines de Tokyo revêtent leurs vêtements rouge et blanc de Noël. Tout n'est plus que guirlandes, neige, sapin et bougies. Les rues s'habillent à leur tour au début du mois de Décembre. Si les quartiers les plus célèbres pour leurs illuminations de Noël sont Shibuya, Harajuku ou encore Roppongi, la plupart des rues de Tokyo voient leurs lampadaires s'orner de lumières. Sans compter les marchés de Noël d'origine européenne qui s'installent, à Roppongi, par exemple, avec un marché de Noël allemand. 

Roppongi Hills et ses illuminations

Bref, le parfait tableau de Noël européen transposé à Tokyo. Transposé. C'est le mot. Car le Noël tel qu'on le connait en France, une fête familiale aux origines chrétiennes, a été adapté à la sauce japonaise. En effet, au Japon, Noël ne partage pas du tout les mêmes valeurs que le Noël français, ce qui peut s'expliquer par l'absence de l'empreinte de la religion catholique. Noël est ici avant tout un bonhomme habillé en rouge et blanc distribuant les cadeaux de sa hotte grâce à son traîneau et à ses amis les lutins et les rennes. La naissance de Jésus est absente et il n'y a pas de crêche installée sous les sapins et encore moins de Messe de Minuit dans les Temples Japonais le jour de Noël.

Au Japon, Noël est ainsi une sorte de Nouvel An à la française: fait de parties entre amis et de sorties en amoureux. Il est avant tout la fête des amoureux et à la veille de Noël, la tradition est de sortir en couple et d'aller admirer les illuminations dans les quartiers animés de Tokyo après avoir mangé en tête-à-tête. Ne vous étonnez pas de tomber nez-à-nez avec la Christmas Box préparée par Mc Donald, une sorte de Happy Meal géant pour deux avec des produits proposés en double et une unique portion de frites géante à partager. 

 Christmas Box à Mc Donald
(offre réservée au Japon)

Noël au Mc Do ou comment Noël et le réveillon de la veille de Noël au Japon n'est pas un haut lieu de la gastronomie. Pas de fois gras, de dinde aux marrons, ou encore de papillote pour Noël. Les plats servis le jour du réveillon de Noël sont les mêmes que ceux servis tous les soirs dans les familles japonaises, mis à part la présence du poulet frit, sorte de nugget géant, dans tous les conbinis et du gâteau au moment du dessert... Et ce n'est pas rien, puisque, d'une part, il n'y a jamais de dessert en fin de repas au Japon, et que, d'autre part, il s'agit du Christmas Cake... Un gâteau assez proche dans la texture, dans les goûts proposés (chocolat, café, marron...) ou encore dans la décoration à notre Bûche de Noël, à la différence près qu'il est rond. 


 Gastronomie japonais pour Noël
Les lumières, les amoureux, la cuisine... et les enfants dans tout ça ? Après tout, ce sont eux qui sont à l'honneur à Noël en France. Au Japon aussi, même si ils n'ont pas le droit au Calendrier de l'Avent qui n'existe pas. Ils rédigent cependant une lettre au Père Noël et reçoivent des cadeaux pour Noël. Mais pas sous le sapin et encore moins dans les chaussons... Les japonais à qui j'en ai parlé ont ouverts grands les yeux. Les cadeaux sont déposés sur l'oreiller ou sur le bureau au matin de Noël... Comme ça, même pas besoin de sortir de sous la couette pour les ouvrir ! Attention cependant, il ne fait parfois pas bon d'être précoce: certains des enfants cessent de demander des cadeaux à leurs parents quand ils découvrent que le Père Noël n'existe pas. L'histoire ne dit pas si ce sont les parents qui l'imposent ou si les enfants sont réellement gênés de leur demander des cadeaux.

Mais bon, ne nous inquiétons pas trop pour eux, ils ne sont pas brimés puisque quelques jours plus tard le Nouvel An arrive avec son lot de traditions familiales et de cadeaux. Si le Noël japonais est une fête pour les amoureux ou passée entre amis, le Nouvel An Japonais, passé en famille, a des airs traditionnels de Noël français et la vie s'arrête à ce moment-là au Japon.

Marièke POULAT

Nomihodai... Nomi-quoi ?

Tout ceux qui ont un jour été étudiants et ont vécu dans un minuscule appartement une partie de leur vie s'en sont rendus compte... Difficile d'inviter ses amis à faire la fête dans un appartement de 10 m2. Un dilemme que les japonais, étudiants comme plus vieux connaissent aussi puisque la taille moyenne des appartements à Tokyo est de …. Alors quels choix ? Être associal, inviter une personne à la fois... ou, tout simplement, trouver un lieu plus vaste avec une table, des chaises, de quoi manger et, encore mieux, de quoi boire. Car boire est ici une institution, la bière et le saké tenant la corde au rang des alcools les plus appréciés... Ou comment l'une des premières choses que l'on vous apprend en cours de japonais est « Sake o nomimasu »... (traduire par « Je bois du saké » ou « je bois de l'alcool », puisque saké signifie aussi bien l'acool de riz célèbre que l'alcool tout court en Japonais.)

 Le kanji du Saké

Les restaurants japonais ont bien compris leur intérêt et une véritable offre de lieux servant à manger s'est instaurée avec différentes formules. Il y a ainsi trois formules majeures à retenir. Le Tabehodai/All you can eat, ou tout ce que vous pouvez manger, le Nomikai/All you can drink, ou tout ce que vous pouvez boire, et le Nomihodai qui combine ces deux formules, proposant le plus souvent un Nomikai et un assez grand nombre de plat pour absorber la quantité d'alcool avalée... En fonction des chaînes de restaurant, du prix ou encore des jours de la semaine, ou du quartier (Ginza le quartier chic de Tokyo, n'offrant pas les mêmes services que Takadanobaba, le quartier étudiant) les offres sont très différentes... allant de l'innocent Sweet Paradise qui vous permet de manger autant de gâteaux et de glaces que vous voulez pendant 1h30 pour environ 1500 ¥, au plus trash nomihodai où la bière coule à flot et la nourriture est en service libre (environ 2000 ¥ pour 2h).



 Quelques exemples d'enseignes

Si les étudiants en sont friands et s'y rendent avec leurs amis, leurs clubs et même parfois leur famille, les adultes ne sont pas en reste. De nombreux japonais s'y rendent avec leurs collègues et même leurs supérieurs. À cela près que tous n'y vont pas avec le même but... Les étudiants y vont avant tout pour s'amuser et boire (les deux allant étonnamment souvent ensembles), alors que le nomihodai peut prendre visage de réunion de travail entre collègues... D'après un français expatrié que j'ai pu rencontrer, de nombreuses décisions dans les entreprises sont prises durant ce genre de rencontre. Ce qui n'empêche pas les adultes de s'y rendre aussi entre amis pour s'amuser et boire, bien entendus, notamment à la fin de l'année.


 Une Izakaya

Difficile de décrire exactement ce qui se passe dans ce genre de rencontres... Si les conventions sont simples entre amis, où le seul et unique but est de rire et de boire, il arrive que tout se complique en présence de personnes plus âgées, les « sempaïs », nom donné à toute personne plus expérimentée dans un certain domaine de compétence. C'est le cas par exemple dans les nomihodais organisés par les clubs qui invitent souvent des anciens membres... Les conventions sont nombreuses, comme le fait que le plus jeune doit toujours s'assurer que le Senpaï ne manque de rien, ou le fait qu'il est mal poli de dire non quand quelqu'un propose de vous reremplir votre verre de bière pour la quinzième fois consécutive... Conclusion, si vous voulez pouvoir survivre, buvez par toutes petites gorgées pour ne pas finir votre verre trop rapidement. Cependant, être « gaijin », le mot japonais pour « étranger », vous permet de passer outre certaines de ces conventions... Certaines, seulement, puisqu'il est d'usage de faire une petite présentation de soi (avec une mention particulière pour l'usage du japonais), voire de chanter un chanson... Le truc étant de ne pas trop boire pour pouvoir tenir debout au moment où son nom sort et d'avoir une chanson que l'on est capable de chanter à tout moment. Cette fois, être « gaijin » s'avère un peu plus compliqué puisque les questions affluent... et qu'il est difficile d'expliquer en trois mots en quoi France et Japon diffèrent... mais c'est toujours assez amusant de découvrir ce que l'on pense de votre pays.

Nomihodai, tabehodai et nomikai sont monnaies courantes au Japon et appartiennent à la culture japonaise. Les japonais vont environ une fois par mois au nomihodai, les hommes étant les plus grands habitués. Si l'omniprésence de l'alcool, notamment dans les Nomihodai et Nomikai, peut incommoder, il est très intéressant de s'y rendre au moins une fois. Et avec des japonais. Parce que vous découvrirez un autre visage de vos amis/collègues (peut-être du fait des quatre verres de bière qu'ils viennent de s'enfiler qui les aident à se désinhiber... mais c'est un autre sujet) et que cela reste avant tout un moment très convivial et, d'une certaine manière, très traditionnel.

Marièke POULAT

Le métro à Tokyo

L'une des images les plus célèbres du Japon que l'on a en tête, après celles des temples, des cerisiers en fleur et des Geishas, est celle d'un métro complètement bondé qui se vide et se remplit par vague. Et comme souvent, avec les clichés, cette image manque un peu de précision. Car si le métro tokyoïte est effectivement bondé aux heures de pointe et que la gare de Shinjuku est la plus grande gare du monde avec plus de 3 millions d'usagers par jour, il n'en reste pas moins qu'il est souvent possible de s'asseoir dans le métro hors des heures de pointe et que ce moyen de transport rencontre assez peu de retards malgré le nombre de personnes l'empruntant chaque jour. 

 Le métro de Tokyo aux heures de pointes
(Michael Fulvia, un photographe*)
Ce premier cliché un peu démystifié, passons à la seconde question... Est-il possible d'utiliser le métro à Tokyo si l'on ne parle pas un mot de japonais ? La réponse. Oui. La plupart du temps. Et ce, grâce à un système bien adapté aux étrangers, à commencer par la présence du nom de chaque station et de chaque ligne en kanjis (les caractères japonais importés de Chine et illisibles...) mais sous-titrés en romajis (traduction du japonais en caractères romains que l'on peut lire sans difficulté). Chaque ligne est marquée par une couleur et une lettre différente et chaque station bénéficie d'un chiffre qui permet de la situer sur la ligne et d'une musique particulière... C'est comme ça que l'on peut bénéficier de la musique de Astroboy à chaque fois que l'on descend à Takadanobaba, le quartier où ce personnage est né le 7 avril 2003. De plus, les bornes permettant d'acheter les tickets peuvent être paramétrées en anglais... Il suffit d'appuyer sur la touche « English », une touche que l'on est toujours rassuré de trouver, même si on a quelques bases de japonais. Dans les gares, il est donc assez simple de s'y retrouver. Dans les rames, il est aussi à noter que le nom des stations est affiché sur un écran, en kanjis et en romajis la plupart du temps... il y a encore quelques lignes où il n'y a aucun nom d'inscrit et il faudra alors faire marcher son oreille ou demander à son voisin qui le plus souvent vous aidera (Cf. petit lexique en fin d'article). 
 
 Kanjis et romajis sur la ligne Hibiya

Alors oui, si l'on est capable de se débrouiller dans le métro parisien ou lyonnais, il est possible dese débrouiller dans le métro tokyoïte. A cela près que le système est un peu différent. Il existe en effet deux compagnies différentes de métro à Tokyo ce qui complique un peu les déplacements et surtout les paiements puisqu'en cas de changement de ligne, il faut acheter un ticket différent... pas toujours très pratique et souvent assez cher au final. Les deux compagnies sont la JR East et le Tokyo Subway Metro. La première s'occupe de la ligne Yamanote, ligne centrale à Tokyo desservant la plupart des quartiers importants de la ville (tels que Shinjuku, Shibuya, Akihabara, Ueno, Ikebukuro...), et de lignes extérieures à la ville allant sur Kamakura par exemple. Les lignes dont s'occupent le Tokyo Subway Metro sont à l'intérieur de la ville uniquement. Notons que l'on parle actuellement d'une fusion à Tokyo pour l'année prochaine, mais cela reste très hypothétique.

Les différentes compagnies de Tokyo

Le passage d'une compagnie à une autre n'est en pratique marqué que par un portillon, les lignes étant proposées dans les même gares... et est visible au moment de payer. Le système de paiement du métro tokyoïte est un peu différent de ce que l'on peut trouver en France puisqu'il s'agit de payer en fonction de la distance parcourue. Ainsi, à chaque arrêt son prix, indiqué par des pancartes situées autour des bornes où l'on peut acheter son ticket. Pour faciliter les transports, il est aussi possible de se munir d'une carte prépayée. Il en existe deux différentes: la Suica, proposée par la société JR East, et la PASMO, proposée par le Tokyo Subway Metro. Elles coûtent toutes les deux 500 ¥ (ou environ 5€) et peuvent être rechargée à hauteur de 1000 à 10 000 ¥, mais leur utilisation ne baisse en aucun cas les prix. Pour les clients ponctuels, il n'y a pas vraiment de différence entre ces deux cartes, la seule différence existant à propos des abonnements mensuels: les abonnements mensuels à la JR East se font uniquement sur la Suica, alors que la PASMO n'accepte que les abonnements mensuels des lignes proposées par le Tokyo Metro.

Pasmo et Suica

Il n'est donc pas très difficile d'emprunter le métro à Tokyo, à cela près que la taille des stations peut au départ effrayer... trouver la bonne sortie peut ainsi s'avérer épique lors des premières visites... Veillez par exemple à vérifier le numéro de la sortie proche de l'endroit où vous souhaitez vous rendre pour éviter de trop tourner. Et n'hésitez pas à demander aux personnes vêtues d'un uniforme et placés à chaque portillon de sortie ou aux points informations: ils ont en leur possession une carte de Tokyo en anglais et se feront un plaisir de vous renseigner... à cela près qu'ils ne parlent pas toujours anglais... (Cf. Petit lexique).

Ces informations ne sont cependant valables que pour le métro de Tokyo... car, pour avoir décidé de m'aventurer un peu plus loin en train, il est apparu que les aménagements spécifiques pour ceux ne maîtrisant pas le japonais ne sont pas encore faits de partout... et ce, même à une heure de Tokyo. Sans compter que le système de trains est parfois un peu compliqué, entre Shinkansen (le TGV japonais), Train express ou train local. Aussi, si vous voulez tenter une escapade en dehors des limites de Tokyo, prenez bien le temps de préparer votre voyage et au besoin, de demander encore votre route aux agents de la gare, sous peine de payer un excédent car vous avez pris le mauvais type de train... (ça sent le vécu...).

Mais, après tout, vous êtes aussi venu au Japon pour vous prouver votre capacité d'adaptation, non ? Alors profitez, vous ne serez pas tous les jours à l'autre bout du monde... Et, surtout, bon voyage !

Marièke POULAT

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Petit Lexique ! (que vous avez en dix fois mieux dans votre Guide du Routard -_-')
  • きっぷ = Kippu = Ticket
  • 駅 = えき = Eki = Gare
  • 北口 = Kitaguchi = Sortie Nord
  • 南口 = Minamiguchi = Sortie Sud
  • 東口 = Higashigushi = Sortie Est
  • 西口 = Nishigushi = Sortie Ouest
  • 「Lieu」はどこですか。= 「Lieu」wa doko desu ka ? = Où est 「ce lieu」?
    → Et notamment, Où on est ? Ima wa doko desu ka ? Ou Koko wa doko desu ku ? 

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* http://www.tuxboard.com/metro-de-tokyo-aux-heures-de-pointe/

Fast food au Japon

Restauration rapide = MacDonald et consorts, fast-food, voir « junk food ». Une équation qui résume rapidement, certes, mais plutôt pas mal ce que pensent les français de la restauration rapide. Une image erronée, puisqu'il est aussi possible en France de se faire un sandwich ou une salade pour manger rapidement, mais souvent réelle dans le sens où assez peu de restaurants proposent un service rapide et peu coûteux... sans compter qu'il est souvent mal accepté par la société de se rendre au restaurant seul.

Le tableau est totalement différent au Japon, ou du moins, à Tokyo. En effet, les restaurants y ont une image très différente de la France ce qui joue énormément sur la nourriture et le service proposé. Au Japon, les restaurants sont moins une rencontre familiale qu'un moyen de se nourrir avant tout. Aussi, il n'est pas mal vu de s'y rendre seul, d'y manger en quelques minutes seulement et de repartir. De plus, les habitudes alimentaires japonaises sont un peu différentes avec des portions beaucoup moins imposantes, l'absence de dessert en fin de repas, que ce soit au restaurant ou en famille, ou encore l'absence d'un véritable rythme fait de trois repas principaux comme celui que l'on peut avoir en France: le petit-déjeuner est par exemple un véritable repas et il arrive qu'un café ou une sucrerie suffise à faire un déjeuner...

Cela a une influence sur la nourriture proposée dans les rues de Tokyo et notamment dans les zones fréquentées par les travailleurs. Elle est très variée, mais reste de la restauration rapide puisqu'il ne faut que quelques minutes pour commander, recevoir son plat unique et le consommer, et qu'elle n'est pas très chère. Le symbole de cette rapidité est la composition de l'espace des différents petits restaurants qui proposent cette nourriture: le plus souvent, les clients sont servis directement sur le comptoir qui entoure les fourneaux du cuisinier. Une disposition qui répond à l'espace disponible (ces boutiques font rarement plus que dix mètres carrés...) et à la demande des clients: mangeant pour la plupart seuls, ils n'ont pas à s'asseoir en face de quelqu'un. Les prix varient énormément en fonction des plats proposés mais il faut le plus souvent compter entre 300 et 1000 ¥ (3 et 10 €) pour un plat unique. À noter aussi que la commande se fait parfois par l'intermédiaire d'un ticket: à l'entrée du restaurant on se rend à une machine qui dispose des différents plats proposés, on choisit celui qu'on veut, on paye, on récupère le ticket et on le tend au cuisinier qui nous sert. Fini. Ou comment on peut vivre au Japon sans parler un mot de japonais... à vous de décider si c'est un avantage ou un inconvénient.

Il est difficile de décrire tous les plats qui sont proposés dans ces échoppes. À titre d'exemple dans le simple quartier de Takadanobaba que j'habite, les restaurants s'accumulent, avec un différent tous les trois mètres, et proposent des plats assez variés. Concernant la qualité des plats, il est assez difficile de juger, du moins pour moi: non habituée à la cuisine japonaise, il est assez difficile de dire si il s'agit de bonne cuisine ou non puisque que c'est, à la base, très différent des goûts et textures dont on peut avoir l'habitude...

En voici un petit aperçu:
  • Les ramens: pâtes chinoises plongées dans une soupe (au miso à Tokyo) auxquelles sont ajoutées selon les restaurants et la commande, légumes, viande, oeuf... 

  • Les Udons: autre variété de pâtes plongées dans une soupe et souvent accompagnées de tempuras ou oignons fris... là encore en fonction des prix et des restaurants.

  • Les plats servis sur une base de riz: le gyuudon (boeuf, oeuf, oignons sur un lit de riz), l'unagi (des anguilles sur un lit de riz)... Dans certaines chaînes, telles que Matsuya ou Yoshinoya, les prix commencent à 280 ¥.

  • L'Omerice (ou Omelette de riz) qui comme son nom l'indique est un plat de riz à la tomate et au poulet, le plus souvent, enrobé dans une omelette et recouvert de ketchup.

  • Le Curry Rice (ou Riz au curry) est un plat de riz et de curry servi avec différents types de viandes... 

  • Et bien sûr les diverses chaînes de « fast-food » telles qu'on les connait en France comme Mc Donald, Subway, Burger King, KFC... Il est amusant de voir que certaines de ces chaînes tentent d'insérer les traditions culinaires japonaises à leurs recettes ce qui donne le Tofu Burger ou le Teriaki Mc Burger. Chaînes occidentales auxquelles on peut ajouter les chaînes japonaises, telles que Mos Burger, Freshness Burger, coréennes, Lotteria...

  • Sans compter les bentos, ces plats à emporter spécifiquement japonais qui se présentent dans une boîte compartimentée et souvent composé de riz, de nuggets, de salades variées, mais aussi de pâtes ou de sushis.
 
Un grand nombre de possibilités, non ? Et un bon moyen de passer deux semaines au Japon sans avoir besoin de faire la cuisine une seule fois. Surtout que celui qui se rendra au Japon réalisera vite que se faire à manger soit même peut vite devenir cher tant les fruits et les légumes sont inaccessibles ici, à raison de plus de 100 ¥ (plus de 1€) la pomme...

Cela ne veut cependant pas dire qu'il n'existe pas au Japon d'endroit où l'on peut se retrouver entre amis autour de bons petits plats. Les izakayas, quelques restaurants familiaux, ainsi que les nombreux restaurants au concept tentateur « All you can eat » (ou « Tout ce que vous pouvez mangez ») permettent de se retrouver autour de grandes tablées animées...

Marièke POULAT

Un 23 Décembre au Japon

Quand Sa Majesté l'Empereur du Japon, aussi connu sous le nom de Akihito en Occident*, célèbre son anniversaire, il voit les choses en grand. Non seulement le 23 décembre, jour de sa naissance en 1933, est férié au Japon depuis qu'il est devenu Empereur en 1989, mais en plus il ouvre exceptionnellement les portes de sa résidence, le Palais Impérial ou Kōkyo en japonais, à des milliers de curieux et profite de l'occasion pour faire plusieurs apparitions publiques et prononcer un discours de circonstance.


Le Palais Impérial

Depuis que l'Empereur actuel a accédé au trône, après avoir été intronisé comme fils héritier en 1951, sa date d'anniversaire est devenue jour férié. Il est le 125ème Empereur du Japon, issu de la lignée Yamato au pouvoir depuis -660 av. JC ce qui en fait la plus ancienne dynastie régnant sur un pays au monde. Pendant longtemps personnage sacré et politique, l'Empereur du Japon occupe aujourd'hui plutôt un rôle de représentation, à l'image de la Reine d'Angleterre, par exemple. L'Empereur a perdu tous ses pouvoirs politiques ainsi que son statut de représentant des Dieux sur Terre en 1945. Il est à présent reconnu comme le Chef de l'État par les autres États et est le symbole de l'État et de l'unité du peuple japonais.

Vénéré par son peuple, symbole d'un Japon traditionnel, son statut semble pourtant changer peu à peu... semble presque se moderniser. En effet, l'Empereur actuel est le premier à avoir reçu une éducation en dehors des murs du Palais Impérial, du fait d'une enfance marquée par l'Après Guerre 1945 et d'une ouverture certaine et nouvelle sur l'Occident. Akihito est aussi le premier Empereur à s'être marié avec une femme non-issue de la noblesse, Michiko Shōda, qui deviendra Sa Majesté l'Impératrice du Japon Michiko, et à choisir d'élever seul ses enfants, sans les soumettre à la garde d'un précepteur. Ces choix ne se sont pas fait sans heurts, mais montrent une modernisation de la fonction d'Empereur. Progressive cependant, comme on a pu le voir au moment du débat qui a agité le Japon au début des années 2000, alors qu'il n'y avait pas encore d'héritier: devait-on, oui ou non, permettre aux femmes d'accéder au pouvoir, alors que cela leur est interdit formellement par l'Article 2 de la Constitution de 1889 ? Le débat a finalement pris fin en 2007 sans aboutir, après la naissance en 2006 du Prince Hisahito, petit-fils de Akihito, qui repoussait à plus tard la discussion sur la démarche à suivre en cas d'absence totale d'héritier mâle.

Loin de ces considérations politiques, le 23 décembre est un jour de fête au Japon, qui permet aux Japonais, mais aussi (et surtout) aux étrangers, de voir leur Empereur et d'accéder aux jardins du Palais Impérial dont l'immense majorité est fermée au public durant l'année. En ce jour férié, les visiteurs, nombreux, sont autorisés à passer le pont Nijubashi et à pénétrer dans l'enceinte du Palais. Cela ne se produit que deux fois dans l'année: le 23 décembre, donc, et le 2 janvier, pour célébrer l'arrivée du Nouvel An. 


Le Pont Ote-mon 
L'entrée principale du Palais

En ce 23 décembre 2010, le Palais était ouvert au public entre 9h30 et 11h20 seulement, avec trois apparitions programmées de l'Empereur à 10h20, 11h et 11h40. Après plusieurs barrages de sécurité, entre fouille des sacs et fouille au corps, et plusieurs mètres parcourus au pas de course au rythme des policiers présents pour l'occasion, on arrive au fameux pont Nijubashi que l'on traverse pour entrer dans l'enceinte du Palais. La place qui se présente est immense et les gens s'y amassent peu à peu, armés de drapeaux que l'on leur a distribué préalablement. L'ordre est de mise et les policiers nombreux: difficile d'imaginer un quelconque dérapage. Il faut dire que la presse est présente en nombre à l'arrière et qu'un incident serait sûrement négatif non seulement pour l'image de l'Empereur, mais aussi pour celle de tout le Japon. Vient enfin l'heure de l'apparition de l'Empereur qui ne se fait pas attendre: à l'heure dite, sous les applaudissements tout en retenue de la foule, il apparaît. Les drapeaux s'agitent alors au dessus des têtes alors qu'il salue ceux qui sont venus célébrer son anniversaire. Pas de gâteau, cependant. Au menu, un simple discours de remerciement et d'encouragement pour l'année à venir. Il est étonnamment court pour un discours politique et la foule, devenue silencieuse, fait disparaître ses drapeaux le temps de l'écouter. Une fois les derniers mots prononcés et la bonne année souhaitée, les drapeaux s'agitent un nouvel instant, comme pour un « Au revoir ». 
La foule attend l'Empereur... 
  ... quand quelque part, au loin...

... l'Empereur et sa famille apparaît

C'est déjà fini. Arrivés à 10h au Palais sortis à 10h45: l'Empereur a disparu et les policiers font avancer la foule vers la sortie qui se trouve être les jardins Est du Palais Impérial. Ceux-là même qui sont ouverts toute l'année. Mais bon, ils sont beaux, calmes et même si on les a déjà parcourus, on n'hésite pas à en refaire le tour une nouvelle fois, car d'un mois sur l'autre, les couleurs qui le parsèment sont différentes... Quand on se dit qu'il ne s'agit que d'une antichambre du domaine impérial, on se dit que c'est un peu dommage de le réserver aux seuls proches de l'Empereur et du pouvoir. Surtout que cette « ouverture au public » comme ils l'appellent laisse un petit goût amer: si on pourra se vanter dans le futur d'avoir vu l'Empereur en vrai, il n'en reste pas moins que l'on a pas vu grand chose de son palais et de ses jardins personnels. Mais c'est ainsi. Il y a de ces privilèges que l'on ne pourra pas abolir de sitôt... et avec un Prince de seulement 4 ans, difficile d'envisager le mariage.


Les jardins de l'Est...
 ... un coin calme au coeur de Tokyo

L'Empereur gardera donc son Palais et ses jardins. Et nous ? Et bien... Nous regarderons Tokyo de plein pieds et non du haut d'un balcon. Un programme alléchant aussi, non ?

Marièke POULAT
* Attention cependant: si l'appellation Akihito est répandu en Occident, il est considéré comme un manque de respect au Japon d'utiliser uniquement le prénom de celui que l'on appelle « Sa Majesté l'Empereur » ou « Sa Majesté Présente ».

Pour plus d'informations, consulter le site officiel des Résidences Impériales Japonaises (disponible en anglais ou en japonais uniquement): http://www.kunaicho.go.jp/eindex.html




Kamakura

Vue du Temple Hasedera 

« Une ville où les Tokyoïtes se rendent pendant le weekend pour se détendre et connue pour son nombre de temples et le Bouddha géant. » Voilà, en substance, la définition de Kamakura par un Américain tout juste arrivé au Japon et rencontré dans cette ville après que l'on lui ait demandé pourquoi il l'avait choisie. Une définition que les guides de voyages trouveront certainement rapide mais qui semble totalement appropriée tant Kamakura est proche de Tokyo, calme, du moins en hiver, et reconnue pour abriter le plus grand Bouddha en extérieur du Japon, le Daibutsu, et plus de 60 temples différents, bouddhistes ou shintoïstes, de tailles différentes. 


Située dans la préfecture de Kanagawa, au bord de l'Océan Pacifique, à 50 kilomètres au Sud-Ouest de Tokyo, seulement une heure de train environ sépare Kamakura de Tokyo... enfin, de Tokyo... des arrêt de Shinjuku ou de Shinagawa, situés sur la ligne JR de Yamanote. De ces deux gares, il est possible d'emprunter respectivement la ligne Shonan-Shinjuku (890 ¥ de Shinjuku) et la ligne Yokosuka (690 ¥ de Shinagawa) en direction de Yokohama et Kamakura pour se rendre à cette dernière. Il y a deux gares principales à Kamakura, Kita-Kamakura au Nord et Kamakura, au centre-ville. Le prix ne change pas que l'on choisisse l'une ou l'autre, la seule différence étant les lieux se trouvant à proximité...

Et ces derniers sont nombreux. Il y a plus de 60 temples dans la ville de Kamakura ! Sans compter les balades qu'il est possible de faire dans les hauteurs ou sur la plage ou les restaurants, les salons de thé, les gourmandises et les boutiques de souvenirs qui peuvent attirer le voyageur curieux et gourmand... Les spécialités étant par exemple le Kamakura don, un bol de riz recouvert de tempuras, et les pigeons sablés (des sablés en forme de pigeons, comme leur nom l'indique). Autant dire qu'il est difficile de faire le tour de la ville en un seul jour, surtout si une halte du côté de l'île d'Enoshima, qui abrite notamment un sanctuaire du XIIIème au sud-ouest de Kamakura, est souhaitée. Et ce, même si il existe plusieurs lignes de bus et de trains qui se rendent à Enoshima et dans les principaux lieux de Kamakura.

Au milieu de tout ces lieux, tous ne sont bien entendus pas logés à la même enseigne et si certains sont immanquables, tous ne sont pas nécessairement à visiter... Après avoir tourné pendant deux jours dans Kamakura, je recommanderais:
– le fameux Daibutsu (ou Bouddha géant) de plus de 13 mètres de haut (200 ¥ + 20 ¥ pour y entrer... ce qui n'apporte pas grand chose) pour son côté excentrique et majestueux ; 

– le temple bouddhiste Hasedera (300 ¥), à quelques minutes à pied du Daibutsu, pour son architecture, le calme de son environnement et la vue qu'il offre sur Kamakura et sur la mer ; 

– Temple shintoïste Tsuruoka Hachimangu, au centre ville, parce que de par sa situation centrale il est immanquable et imposant ; 

– le temple shintoïste Zeniarai Benten, au nord du Daibutsu, parce qu'il est beau, surprenant et qu'il pourrait vous rapporter de l'argent (contrairement à tous les temples bouddhistes qui vous demandent une participation financière à l'entrée): en lavant votre argent en son sein, ce dernier devrait vous revenir en plus grande quantité ; 

– Et enfin, le Kencho-ji. Non parce qu'il est particulièrement beau et différent des précédents (car il faut bien l'admettre la plupart sont construits sur des bases très ressemblantes...), mais parce qu'il dispose d'une vue imprenable sur le Mont Fuji si il fait beau et que l'on a le courage de monter jusqu'en haut.


Dans notre cas, étant des étudiants avides d'aventures aux poches un peu trouées, nous avons décidé de faire tout à pied, car les bus peuvent assez vite revenir cher au Japon, à raison d'environ 150 à 200 ¥ le ticket, et de nous rendre dans la seule auberge de jeunesse de la ville, la Kamakura Guest House pouvant accueillir jusqu'à douze personnes, six femmes et six hommes. Un peu à l'extérieur de la ville, à une quinzaine de minutes à pied du Daibutsu, son ambiance est particulièrement sympa avec une famille qui n'hésite pas à rester auprès de ses hôtes dans la soirée et avec la possibilité de vivre une soirée les pieds chauffés par la table chauffante et une nuit dans un futon. Le tout pour 3000 ¥ la nuit et la possibilité d'arriver à partir de 15h et l'obligation de partir à 10h. 



 

La visite de Kamakura sur deux jours est particulièrement intéressante et permet de voir un grand nombre de lieux historiques et imposants pour un prix raisonnable: 8000 ¥ en comptant transport, nourriture et nuit à l'extérieur. Attention cependant, car une durée supérieure pourrait devenir peut-être ennuyeuse: à moins d'être passionné de shintoïsme et de bouddhisme ou bien d'architecture et de temples, il est possible de se lasser du grand nombre de temples qui finalement se ressemblent un peu tous. Une petite balade dans les hauteurs ou sur la plage est alors à conseiller vivement dans ce lieu qui, du moins en hiver et dans la semaine, s'est avéré particulièrement calme. 
Marièke POULAT